L'autorisation était très attendue depuis de nombreux mois, elle est désormais officielle. Le 17 juillet 2026, l'Autorité de la concurrence a autorisé le projet de fusion annoncé en 2025 entre deux gros groupes coopératifs agricoles basés en Nouvelle-Aquitaine, le béarnais Euralis (4 900 salariés, 5 300 agriculteurs adhérents, 1,6 Md€ de CA) et le landais Maïsadour (4 300 salariés en ETP, 5 000 agriculteurs, 1,4 Md€ de CA), présents dans le Sud-Ouest, en Nouvelle-Aquitaine et en Occitanie.
Vers un rapprochement effectif en 2027
De nombreuses discussions menées ces derniers mois ont abouti à cette autorisation, notamment sur l'activité canard gras, un premier projet de fusion ayant été avorté en 2023 au motif d'un risque de position dominante sur ce marché précis. Entre-temps, Maïsadour a cédé en avril dernier Comtesse du Barry (96 salariés, 16,2 M€ de CA en 2024-2025), qui fabrique des produits gastronomiques de luxe (foie gras, caviar…) à un quatuor d'entrepreneurs.
Dans une communication conjointe, les deux groupes coopératifs saluent "une étape majeure franchie". Ils précisent que des discussions sont encore à finaliser avec les partenaires financiers, dans l'objectif de "permettre une réalisation du rapprochement en 2027".
Des engagements pris
L'accord "est toutefois conditionné à trois séries d'engagements présentées par les parties afin de répondre aux risques d'atteinte à la concurrence résultant de cette concentration sur les marchés des canards gras, de la collecte de céréales, oléagineux et protéagineux, et de la nutrition animale", précise l'Autorité.
Ainsi, pour répondre aux risques anticoncurrentiels de la future position dominante de la nouvelle entreprise, jugée "incontournable", les deux groupes "se sont engagés à transférer à des concurrents des capacités de production". Concrètement, d'ici le 17 juillet 2031, "un volume de production d'au moins deux millions de canards gras devra avoir été transféré aux concurrents".
L'Autorité ajoute que des mesures ont déjà été prises par Euralis et Maïsadour pour s'y plier, à savoir la cession par Maïsadour de la filiale landaise Canadour (production de canards gras) et de la marque Sarrade (foie gras, canard et saumon fumé) dédiée aux professionnels de la restauration.
Les deux entreprises ont aussi acté la mise en place future de mesures "favorisant la reprise d'exploitations des producteurs adhérents de la nouvelle entité par des concurrents", notamment des facilités juridiques permettant de sortir des contrats d'adhésions sans pénalité ou d'aides au départ.
Des cessions à prévoir
Les enjeux sont les mêmes sur les filières céréales, oléagineux et protéagineux. Des cessions de douze silos ou plateforme de collecte sont prévues, avec la possibilité pour les agriculteurs coopérateurs proches de ces équipements de transférer leur production aux futurs repreneurs.
Enfin, pour le volet nutrition animale, Maïsadour va céder son usine de Pomarez (Landes) à "un concurrent agréé par l'Autorité", précise cette dernière, qui assure qu'un suivi régulier sera opéré par des mandataires indépendants. Euralis et Maïsadour ont 5 ans pour s'y plier.