La seconde fois sera-t-elle la bonne ? Les coopératives agricoles Maïsadour (4 300 salariés, 1,38 Md€ de CA) et Euralis (5 300 salariés, 1,57 Md€ de CA), respectivement landaise et béarnaise, ont confirmé le 27 mars un projet de fusion "en vue de créer un nouvel acteur coopératif référent du Sud-Ouest".
Décrivant un contexte soumis à "de profondes mutations, une concurrence intense, des crises à répétition et un enjeu crucial de valorisation du travail et des productions des agriculteurs", les deux acteurs, qui ont rencontré des difficultés au cours du dernier exercice, évoquent un "principe d’égalité".
"Les conseils d’administration, notamment, auraient vocation à fusionner en garantissant une représentation équilibrée des deux coopératives actuelles, ainsi que de toutes les productions et de tous les territoires où les deux groupes sont aujourd’hui présents", indiquent-ils.
Un précédent projet avorté
Un précédent projet de création d’une nouvelle entité dédiée à la production, la transformation et la commercialisation des produits des filières canard à foie gras, poissons fumés et boutiques de vente directe, où le même schéma était envisagé, n’avait finalement pas abouti. L’Autorité de la concurrence, qui avait examiné le projet, avait émis des doutes à son sujet en 2022, craignant une distorsion de concurrence, une augmentation des tarifs et une baisse de qualité et de diversité des produits.
Conditions suspensives
Maïsadour et Euralis, qui avaient renoncé à l’ancien projet de longue date en août 2023, rappellent que la concrétisation du nouveau plan de fusion - dont on ignore encore les conséquences qu’il pourrait avoir sur les effectifs des deux coopératives - reste elle aussi conditionnée à l’autorisation des autorités de la concurrence. Le plan de financement du projet sera lui aussi essentiel, tout comme l’avis des représentants du personnel et l’approbation des deux assemblées générales.
"Aucun processus d’intégration ni aucun changement d’organisation associé à ce projet n’interviendraient avant le terme de toutes ces étapes, au plus tôt en 2026", terminent-elles, affirmant poursuivre "le déploiement de leurs plans stratégique respectifs".