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Coopératives agricoles : Euralis prépare activement sa fusion avec Maïsadour
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Coopératives agricoles : Euralis prépare activement sa fusion avec Maïsadour

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Le groupe coopératif agricole béarnais Euralis est en pleine restructuration pour retrouver le chemin de la rentabilité. Il a restructuré, cédé ou fermé plusieurs sites industriels en 2025. Il prépare activement le projet de fusion avec son voisin landais Maïsadour, qui reste soumis à l’aval de l’Autorité de la concurrence et espéré pour le second semestre 2026.

Le groupe béarnais Euralis a terminé l’exercice 2024-2025 avec un chiffre d’affaires en hausse de 1,3 % (à 1,6 Md€) — Photo : Laurent Pascal

Le groupe coopératif agricole béarnais Euralis (4 900 salariés, 7 900 agriculteurs) continue de se restructurer pour valider le projet de fusion annoncé en 2025 avec sa cousine landaise Maïsadour (5 000 agriculteurs adhérents, 4 300 ETP, 1,4 Md€ de CA).

Des engagements à prendre

Cette fusion, motivée par un contexte soumis à "de profondes mutations, une concurrence intense, des crises à répétition et un enjeu crucial de valorisation du travail et des productions des agriculteurs", est aujourd’hui entre les mains de l’Autorité de la concurrence. Elle s’était déjà opposée en 2023 à un projet de fusion des activités canard gras, poissons fumés et boutique de vente directe, au motif d’un risque de position dominante sur le marché du canard.

La route est désormais tracée : "construire l’outil de travail des générations futures, avec des exploitations résilientes et durables". Espéré pour le second semestre 2026, l’aboutissement de cette opération est toutefois encore soumis à des arbitrages en cours. "Nous sommes est en discussion finale sur les engagements qui doivent être pris sur un certain nombre de marchés, notamment sur l’activité canard gras. Des tests de marché auront lieu prochainement", glisse Thomas Chambolle, directeur général d’Euralis.

"Nous sommes en discussion finale sur les engagements qui doivent être pris sur un certain nombre de marchés, notamment sur l’activité canard gras."

Trajectoires contrariées

Aléas climatiques, cours des céréales au plus bas, tensions géopolitiques fortes à l’international (32 % du CA du groupe) et sortie de crise "progressive" de l’influenza aviaire sont aussi venus ponctuer l’exercice. "La consommation est en berne sur la plupart des marchés opérés, notamment le commerce de bouche et le libre-service agricole", ajoute Christophe Congues, président d’Euralis. Le groupe a réalisé pour le prochain exercice "une des pires récoltes de ces 30 dernières années", en baisse de 17 % (-90 000 tonnes).

Son exercice a été marqué par une hausse de son chiffre d’affaires de 1,3 % à 1,6 milliard d’euros, une amélioration de sa rentabilité (son EBITDA a progressé de 4,1 % à 101 M€). Des efforts sur la "réduction des frais fixes" et la baisse des stocks lui ont permis "d’amorcer la réduction de la dette", son résultat net demeurant négatif mais ses pertes ont été "divisées par deux".

Euralis a fermé son site de transformation de foie gras de Sarlat (Dordogne) en avril 2025, entraînant 70 licenciements — Photo : Patrick Lazic

Cessions et réorganisations

Non sans fermeture ou réorganisation : le site industriel occitan du Semencier Lidéa de Caussade (59 salariés) a fermé ses portes, tout comme l’usine de foie gras Rougié de Sarlat (Dordogne) qui employait 70 personnes et dont les volumes de production ont été transférés à Maubourguet (Hautes-Pyrénées). "On travaille à la cession du site de Sarlat", glisse le directeur général.

"STB n’est pas à vendre, il doit désormais se concentrer sur la GMS."

Le 2 février, Euralis a aussi cédé au groupe agroalimentaire francilien Pomona (12 000 salariés, 5,5 Md€ de CA) le fonds de commerce dédié à la distribution auprès des commerces de proximité, notamment les bouchers-charcutiers traiteurs, de la société STB (Stalaven Teyssier Boutot, 185 M € de CA). Cette société, dont le siège est basé à Hillion (Côtes-d’Armor), se sépare ainsi de 219 salariés. Ils rejoignent Pomona, qui reprend aussi les sites des Essarts-en-Bocage (Vendée) et de Thiais (Val-de-Marne). L’activité est désormais rattachée au grossiste en charcuterie Saveurs d’Antoine (350 M€ de CA combiné). "On a voulu marier cette activité à l’un des leaders du secteur dans le contexte d’un marché en baisse depuis plusieurs années, justifie Thomas Chambolle. STB n’est pas à vendre, il doit désormais se concentrer sur la GMS. L’activité est rentable", précise-t-il encore.

Le pôle semence d’Euralis, Lidea, connaît une "baisse structurelle" de ses volumes à l’export — Photo : Euralis

International et investissements

À l’export, le pôle semences d’Euralis (30 % du CA) est en "baisse structurelle", provoquée notamment par la guerre en Ukraine et la fermeture partielle du marché russe. Il tente de se diversifier vers le Kazakhstan (tournesol) et la Côte d’Ivoire pour "diminuer le risque".
Enfin, Euralis, qui espère en retour à l’équilibre financier en 2026, continue d’investir : 39 millions d’euros ont été mobilisés en R & D en 2025. Le groupe n’en oublie pas la décarbonation : sa filiale photovoltaïque Eurasolis a démarré 32 chantiers et en a mis en service 36. Il a aussi investi dans la décarbonation de son siège de Lescar en utilisant de la rafle de maïs en biomasse, du photovoltaïque et de la géothermie. La mise en service est espérée à l’été 2027 et doit réduire les émissions de dioxyde de carbone du site de 2 850 tonnes par an, la chaudière biomasse couvrant les deux tiers de sa consommation de gaz.

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