Après l'urgence de l'incendie vient celle du bilan économique. Les exploitants agricoles affectés par le feu parti de Saumos, en Gironde, sont désormais appelés à recenser leurs pertes avant le 28 août dans le cadre d'une enquête lancée à l'initiative de la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM).
L'objectif est de déterminer le nombre d'exploitations agricoles touchées et surtout de chiffrer l'impact économique du sinistre.
Le recensement ne se limite pas aux cultures directement détruites par les flammes. Les exploitants doivent également déclarer les dégâts concernant leurs bâtiments et autres actifs agricoles.
Les pertes d'activité également comptabilisées
L'enquête doit surtout permettre d'aller au-delà du bilan matériel en intégrant les conséquences indirectes de l'incendie sur l'activité économique des exploitations.
Les agriculteurs peuvent ainsi faire remonter les pertes provoquées par des marchés annulés, les difficultés d'approvisionnement ou d'autres perturbations de leur activité.
Cette distinction est importante pour mesurer le coût réel du sinistre. Une exploitation peut en effet avoir échappé à la destruction de ses bâtiments ou de ses cultures tout en subissant une baisse de chiffre d'affaires ou des coûts supplémentaires liés aux perturbations provoquées par l'incendie.
À ce stade, aucun montant consolidé des pertes agricoles n'est encore disponible. Le nombre d'entreprises agricoles concernées n'est pas davantage communiqué.
Le recensement doit précisément permettre aux pouvoirs publics de disposer de ces données avant d'étudier les réponses susceptibles d'être apportées aux professionnels touchés.
Un impact économique qui dépasse les seules exploitations agricoles
Les conséquences économiques de l'incendie pourraient également être importantes pour la filière forestière girondine. Le feu a touché un vaste territoire dominé par la forêt de pins.
Selon Le Monde, environ 5 millions de tonnes de bois à l'échelle régionale pourraient devoir être traitées rapidement après les incendies, tandis que les professionnels redoutent une baisse des cours du bois pouvant dépasser 20 % sous l'effet de l'afflux de volumes sur le marché.
Cette situation pourrait donc avoir des répercussions sur plusieurs activités locales, de la sylviculture à la transformation du bois, en plus des conséquences supportées directement par les exploitations agricoles.
Le recensement actuellement engagé en Gironde doit permettre d'obtenir une première photographie financière plus précise des dommages agricoles. La date du 28 août constituera une première échéance pour disposer d'une estimation consolidée des pertes directes et indirectes.
Les dommages liés à la canicule ne sont en revanche pas intégrés à ce dispositif et font l'objet d'un signalement distinct auprès de la Chambre d'agriculture.