Avant de constituer son Conseil eurométropolitain de l'économie (CEME), l'Eurométropole de Strasbourg veut prendre le pouls du tissu économique local. Une enquête a été lancée le 9 juin 2026 auprès des quelque 52 000 établissements actifs du territoire, des indépendants aux grands groupes. Diffusée avec l'appui des chambres consulaires et des organisations professionnelles, elle doit permettre de faire remonter les difficultés rencontrées par les entreprises mais aussi leurs propositions pour renforcer l'attractivité de l'agglomération.
Les résultats seront exploités durant l'été afin de dégager cinq actions prioritaires destinées à lever les principaux freins au développement économique ainsi que cinq orientations stratégiques pour les années à venir. Parmi les thématiques déjà identifiées figurent les énergies bas carbone, la santé et les biotechnologies, l'intelligence artificielle, les nouvelles mobilités, les talents ou encore les coopérations transfrontalières.
Mesurer l'attractivité du territoire
L'enquête intègre également un indicateur inspiré du Net Promoter Score (NPS), largement utilisé dans le secteur privé pour mesurer la satisfaction et la recommandation. Les répondants sont invités à indiquer s'ils recommanderaient ou non l'Eurométropole de Strasbourg comme territoire d'implantation ou de développement d'une entreprise. Pour Nathalie Roos, chargée de la préfiguration du conseil, cet indicateur doit devenir un marqueur de l'attractivité et de la progression du territoire dans le temps.
Ancienne dirigeante passée notamment par Lipton, Dalloyau ou Pierre Hermé, Nathalie Roos voit dans cette démarche une réponse à un contexte économique devenu plus complexe. " La réussite économique d'un territoire ne dépend pas seulement de l'un ou l'autre des acteurs présents ", souligne-t-elle. Selon elle, entreprises, collectivités, universités, partenaires sociaux et acteurs de l'innovation doivent désormais être capables de construire ensemble des solutions concrètes.
Un conseil chargé d'orienter la stratégie économique
Les résultats de la consultation serviront également à affiner la composition du futur Conseil eurométropolitain de l'économie. Présenté comme une instance permanente de dialogue et de co-construction, celui-ci aura vocation à formuler des recommandations et à définir les priorités économiques du territoire. Ses travaux doivent alimenter la stratégie de l'Eurométropole et orienter les actions menées en faveur du développement économique, de l'attractivité et de l'emploi.
Le conseil réunira des représentants des entreprises, des chambres consulaires, des branches professionnelles, des organisations syndicales, des universités et grandes écoles, du monde de la recherche, de la finance ainsi que des collectivités locales, entre autres.
Les travaux seront préparés par un comité stratégique composé d'une dizaine de dirigeants et d'experts volontaires. Chargé de préparer les réunions trimestrielles, il aura également pour mission de suivre les indicateurs retenus et d'assurer le pilotage du dispositif.
"Créer de la valeur"
Pour Catherine Trautmann, maire de Strasbourg et présidente de l'Eurométropole, cette démarche s'inscrit dans un contexte économique et budgétaire contraint. "Nous devons soit augmenter les impôts, soit créer de la valeur. Nous ne pouvons pas le faire seuls", a-t-elle expliqué lors du lancement de la consultation.
Associer les entreprises aux décisions
L'élue assume également une évolution de la politique économique métropolitaine. "Lorsque nous sommes entrés en campagne, ce qui nous a marqués profondément, c'est le manque de confiance qu'il y avait entre les politiques et le monde économique", affirme-t-elle.
L'objectif affiché est de reconstruire un dialogue plus direct avec les entreprises et de mieux associer les acteurs économiques aux décisions qui concernent le développement du territoire. Le futur conseil pourra notamment être sollicité pour émettre des avis sur les orientations économiques portées par l'Eurométropole.
Des réunions trimestrielles
Le futur Conseil eurométropolitain de l'économie se réunira à un rythme trimestriel. Sa première séance pourrait se tenir dès le 9 octobre 2026, une fois les résultats de l'enquête, attendus en septembre, analysés et les premières priorités arrêtées.