Côtes-d'Armor
Lessard : "Nous avons investi 30 millions d’euros en deux ans dans nos moyens de production"
Interview Côtes-d'Armor # Travaux publics # Investissement industriel

Jean-Marie Lessard président de Lessard "Nous avons investi 30 millions d’euros en deux ans dans nos moyens de production"

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Troisième génération à la tête de Lessard, Jean-Marie en est le président depuis 2020, succédant à son grand-père Ange et à son père Bertrand. L’entrepreneur costarmoricain dévoile les axes de développement et les investissements d’un groupe spécialisé dans les travaux publics et l’exploitation de carrières qui pèse 120 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Entré dans l’entreprise en 2004, Jean-Marie Lessard, la troisième génération, a pris la présidence du groupe en 2020 — Photo : Lessard

Après 60 ans d’existence, comment se porte le groupe Lessard ?

Nous sommes toujours en progression raisonnée : on se développe gentiment. Nous avons 400 salariés et avons réalisé un chiffre d’affaires de 120 millions d’euros en 2024 - il était de 100 millions d’euros en 2022 -, dont schématiquement 70 millions d’euros pour notre activité de travaux publics (TP) et 50 millions pour les carrières. Tout cela est imbriqué : les carrières vendent à l’activité TP, notre activité transport déplace uniquement nos propres granulats…

Quels sont les derniers gros investissements réalisés par Lessard ?

Nous avons investi 12 millions d’euros dans une nouvelle usine de concassage et de traitement de granulat sur le site de la carrière de Mégrit (dans les Côtes-d’Armor, NDLR). Elle comporte plusieurs modules et a été mise en service en mars. Cette installation est le pendant de celle installée en 2023 sur notre site de Bréhand, où nous avions investi 18 millions d’euros. Dans ces deux opérations, l’objectif est de bénéficier d’outils de travail les plus pertinents. Cela permet d’augmenter la productivité : si l’ancienne usine de la carrière de Bréhand possède une capacité de production de 400 tonnes par heure, l’équipement construit en 2023 affiche une production de 700 à 800 tonnes par heure. Et la production des matériaux, très automatisée, est simplifiée. Côté RSE, ces deux nouvelles usines consomment en moyenne 40 % d’énergie en moins à la tonne produite.

Comment se passe cette année 2025 ?

Dans notre partie TP, nous avons quatre grands métiers : le terrassement, la fabrication et l’application d’enrobés, les réseaux et l’aménagement urbain. Nous avons travaillé notamment à l’avènement du quartier Beauregard, à Rennes, et nous attaquons le quartier Maurepas. Nous travaillons aussi depuis 2022 sur le Réseau Vélo Express, piste cyclable qui relie les communes limitrophes à l’agglomération de Rennes. Historiquement, nous dépendions exclusivement de la commande publique. Or, on note depuis plusieurs mois une baisse des investissements, par exemple au niveau des Départements. Heureusement, nous avons développé les marchés privés, qui représentent aujourd’hui un tiers de notre activité TP.

Quelles sont les réalisations générées par ces marchés privés ?

Nous réalisons les aménagements de plateformes logistiques, d’usines, de commerces. Nos clients sont également des coopératives agricoles et agroalimentaires. Nous travaillons également de plus en plus pour l’éolien. Nous réalisons les accès aux éoliennes, creusons les trous qui les accueillent. Nous avons également développé une activité de déconstruction des machines.

Quel est votre principal axe de développement ?

Tout d’abord, on ne court pas après les chiffres. Nous ne cherchons pas à nous développer pour le plaisir mais dans une logique industrielle et de complémentarité géographique. L’éolien fait notamment partie de nos axes de développement. Dans un cadre plus large, nous avons acquis des compétences, par exemple dans les canalisations d’eau, qui nous permettent de proposer des dossiers complets qui incluent les contraintes d’exploitation et environnementales. Nous développons également notre plateforme de recyclage. Si nous extrayons 5 millions de tonnes de matériaux par an avec nos carrières, 10 % des granulats que nous produisons proviennent du recyclage des bétons et de fraisages d’enrobés.

Côtes-d'Armor # Travaux publics # Industrie # Investissement industriel # ETI