Camard Travaux Publics (40 salariés, 6,3 M€ de CA en 2024 - 2025) s’est doublé d’une nouvelle entreprise, baptisée Camard Criblage Concassage, ou 3 C. Cette structure, créée en 2024 mais dont l’activité a commencé cette année, opère sur un terrain de 8 000 m², déjà trop petit, limitrophe à celui de l’autre entreprise de Jérôme Camard, installée à Lamballe-Armor. Elle traite par criblage et concassage les débris des chantiers de sa société sœur. Au prix d’un investissement machine (cribleur, chargeuse, pelle mécanique, pont-bascule), réalisé d’occasion ou aux enchères, de 350 000 euros.
Considérer ces matières comme une richesse
"Auparavant, ces débris, qui représentent pour nous 20 à 30 000 tonnes par an, étaient jetés. Aujourd’hui, on ne jette pratiquement plus rien, se réjouit le chef d’entreprise costarmoricain. Ce reclassement permet de valoriser ces matières et de les considérer comme une richesse." 3C produit, à partir de ces déchets, des matières de trois granulométries différentes. Les plus fines sont réutilisées dans les gaines ou comme gravillon pour les tranchées ; celles de 2 à 4 centimètres servent à la constitution de bassin ou de puits permettant de drainer les terrains ; les plus grosses servent à l’empierrement de chantier.
Des économies d’approvisionnement substantielles
S’ils sont majoritairement réutilisés par Camard TP, certains de ces produits sont également vendus à des collectivités ou des professionnels comme des paysagistes, puisque 3C réalise également le criblage de la terre végétale, récupérant les cailloux et revendant la terre "prête à l’emploi". Résultat, l’activité en elle-même est profitable (près de 50 000 euros pour le premier exercice).
Mais ce n’est pas le plus important pour l’ancien président du Stade Briochin (2018 - 2022). "Le concassage des matières retraitées nous revient à 1 euro la tonne quand elles valent 10 euros la tonne à l’achat, pointe le quinquagénaire. Sans compter la diminution des voyages de poids lourds, puisque nos matières sont sur-place, qui permet une économie de gasoil. Le bilan écologique est très positif."
Des exercices records et un effectif en forte hausse
Ces matières ne risquent pas de se tarir puisque Camard TP n’en finit pas de croître. L’entreprise créée en 2004 par Jérôme Camard a réalisé un exercice record, clôt au 31 mars 2025 et se trouve en avance de plus de 600 000 euros sur les six premiers mois de l’exercice actuel. Il possède plus d’une année de commandes de travaux. "Nous devrions approcher les 7 millions d’euros de chiffre d’affaires à la fin de l’exercice en cours", pense Jérôme Camard.
Une croissance accrue encore par le marché des stations d’épuration
"Je veux m’arrêter de grandir mais c’est un engrenage : notre entreprise est de plus en plus connue et nous faisons du bon boulot", assure le dirigeant. L’entreprise costarmoricaine, qui compte de nombreux bailleurs sociaux parmi ses clients, des grandes surfaces comme Lidl Erquy (qui va reconstruire entièrement son bâtiment en 2026) ou Aldi Merdrignac, mais aussi de grandes entreprises comme le site Saint-Michel, à Guingamp, Ovoteam ou Partedis, a trouvé un solide nouveau terrain de jeu : les stations d’épuration.
"Les communes doivent les mettre en conformité et nous avons déjà participé au chantier de quatre d’entre elles, souvent appelés par des groupements de corps d’État, qui viennent nous chercher", savoure le chef d’entreprise.