Côtes-d'Armor
Le costarmoricain Ovoteam investit 16 millions d’euros pour repartir de l’avant
Côtes-d'Armor # Agroalimentaire # Investissement industriel

Le costarmoricain Ovoteam investit 16 millions d’euros pour repartir de l’avant

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Le producteur costarmoricain d’ovoproduits Ovoteam, racheté par le géant agroalimentaire LDC en décembre 2023, se réinvente sous l’action de son propriétaire. Au menu, 16 millions d’euros investis jusqu’en 2026 sur ses trois sites, dans la modernisation de l’outil et la formation des salariés, mais aussi un travail de recrutement d’éleveurs pour assurer son approvisionnement.

Ovoteam a utilisé 600 millions d’œufs en 2024 pour sa production — Photo : LDC

Racheté par LDC au groupe Avril en 2023, le producteur d’ovoproduits Ovoteam (120 M€ de CA 2024, 230 salariés) est en passe de se relancer grâce à un plan de rebond ambitieux. Son coût : 16 millions d’euros, qui seront injectés jusqu’en 2026 dans la PME, qui produit des préparations et prêts à consommer à partir d’œufs, à parts égales pour la restauration et l’industrie agroalimentaire.

Un homme pour mener le projet

L’un des volets de ce programme d’investissement a pour destination un outil de production vieillissant. "Il y avait eu un manque d’investissement ces dernières années à Plaintel (le site historique costarmoricain d’Ovoteam, NDLR). Les produits transformés ne faisaient plus partie des priorités du groupe Avril", explique Jean-Christophe Bertin, DG d’Ovoteam, arrivé en février 2024 pour mener le projet.

Des investissements pour préparer l’accélération

Au menu de ces investissements, figurent la modernisation et la rationalisation industrielles, et l’amélioration des postes de travail. Avec au passage des mises aux normes, ainsi que des augmentations de capacité. "Nous internalisons aussi notre logistique en construisant un entrepôt de 1 500 m², pour la préparation de commandes, qui sera terminé en mars 2025", reprend le dirigeant. Ovoteam investit par ailleurs dans ses sites d’Ambrières-les-Vallées (Mayenne) et d’Auneau (Eure-et-Loir). Au début de l’année, la PME comptait également des salariés sur les sites d’Avril à Bruz (Ille-et-Vilaine) et Saint-Gérand (Morbihan) et sur un site propre à Naizin (Morbihan), désormais fermé. Ceux qui le souhaitaient ont rejoint Plaintel, qui regroupe désormais les services supports d’Ovoteam.

Recruter des éleveurs pour assurer l’approvisionnement

Les investissements concernent enfin l’amont et le recrutement de nouveaux éleveurs. "Nous avons aujourd’hui 70 % de nos élevages en contrat. Le reste, nous l’achetons sur les marchés spot (achats ponctuels, NDLR), pointe Jean-Christophe Bertin. La filière est en pénurie d’offre. Nous proposons aux éleveurs des contrats de moyen et long termes et nous prenons tous leurs œufs, du début de ponte à ceux de fin de ponte. Nous devons sécuriser nos approvisionnements et recherchons la stabilité en quantité et en qualité, c’est notre obsession."

Ces recrutements doivent être réalisés maintenant car, à la fin du plan d’investissement, Ovoteam sera prêt à augmenter sa production (elle a "cassé 600 millions d’œufs" en 2024), en concordance avec le cycle de ponte des pondeuses, qui est de deux ans. Pour cela, la PME travaille avec les équipes de LDC. "Ovoteam se trouve au milieu de la filière, nous avons un rôle de pivot entre l’amont et l’aval, et celui de veiller à ce que la valeur ajoutée ruisselle jusqu’à l’éleveur", pointe le DG.

Innovation et export au programme

L’objectif est notamment d’inciter les jeunes à s’installer. Un encouragement qui peut paraître superflu alors que le prix des œufs flambe. Mais avant cela, il y avait trop d’œufs sur le marché… "Le marché est fluctuant mais porteur. 15 milliards d’œufs, qui représentent la protéine animale la moins chère du monde, sont consommés en France chaque année", pointe celui qui a auparavant relancé le fabricant de madeleines Maison Colibri (Charente-Maritime).

Côtes-d'Armor # Agroalimentaire # Investissement industriel # Stratégie # PME