Le pôle de compétitivité des infrastructures Infra2050 s’étend en Lorraine pour lever les verrous technologiques
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Le pôle de compétitivité des infrastructures Infra2050 s’étend en Lorraine pour lever les verrous technologiques

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Infra2050, le pôle de compétitivité français dédié aux infrastructures et à l’aménagement, installe une antenne régionale à Metz. Porté localement par la Fédération des travaux publics, Infra2050 entend connecter les PME lorraines d’abord, puis du Grand Est, aux laboratoires de recherche pour accélérer la décarbonation et la résilience climatique.

Cédric Moscatelli, le président d’Infra2050, est entouré par Thierry Ledrich (à droite), président de la FRTP Grand Est, et Pierre-Alain Roche, président de l’IREX — Photo : Jean-François Michel

C’est une étape stratégique pour Infra2050. Ce pôle de compétitivité, le seul en France à être "tourné vers les infrastructures et l’aménagement", a choisi la Lorraine pour lancer sa nouvelle dynamique territoriale. Créé en février 2024 par l’IREX, l’Institut pour la recherche appliquée et l’expérimentation en génie civil, et les deux clusters rassemblant la filière des travaux publics que sont Indura et Ecorse TP, le pôle est aujourd’hui implanté en Auvergne Rhône-Alpes et en Bourgogne Franche Comté.

S’étendre au territoire du Grand Est d’ici fin 2026

Sous l’impulsion de la fédération lorraine des travaux publics et de son président, Thierry Ledrich, Infra2050 va s’installer à Metz pour travailler en Lorraine. "[Mais] nous allons assez rapidement passer à une antenne Grand Est", assure Thierry Ledrich, qui est entre-temps devenu président de la Fédération des travaux publics du Grand Est.

"Dès que nous aurons installé un chargé de mission pour animer les travaux du pôle, l’objectif, c’est qu’avant la fin de l’année, l’action d’Infra2050 porte sur le territoire du Grand Est", précise Thierry Ledrich, tout en confirmant le soutien de la Région dans cette démarche.

Briser l’isolement de la PME innovante

Pour les 250 adhérents du pôle, soit un écosystème mêlant start-up, PME, ETI et laboratoires de recherche, l’enjeu est de ne plus porter l’innovation seul. Cédric Moscatelli, le président d’Infra2050, dresse un constat lucide sur la réalité au sein des petites sociétés : "Quand vous êtes dans une PME, vous n’avez pas forcément des moyens humains et financiers pour pouvoir développer l’innovation". Le pôle agit alors comme un tiers de confiance pour lever ce que Cédric Moscatelli identifie comme un "verrou technologique".

Guider les entreprises dans le maquis des financements publics

Concrètement, l’équipe d’Infra2050 identifie le bon interlocuteur universitaire ou le grand groupe capable de débloquer la situation technique, tout en guidant les entreprises dans le maquis des financements publics. "Nous sommes là aussi pour décrypter les appels à projets", souligne le président du pôle, rappelant que ces dossiers exigent souvent de constituer des consortiums crédibles pour l’État.

"De l’idée jusqu’à la mise sur le marché, c’est à peu près 10 ans"

Un investissement sur le temps long, une notion parfois difficile à intégrer pour des entreprises sous pression : "De l’idée jusqu’à la mise sur le marché, c’est à peu près 10 ans", rappelle Pierre-Alain Roche, président de l’IREX et trésorier du pôle.

Eau, climat et souveraineté numérique

Les principales thématiques de travail du pôle sont dictées par l’urgence liée au changement climatique. Au-delà de la gestion de l’eau, devenue un "très gros sujet", la priorité absolue reste la décarbonation des chantiers et la résilience face aux aléas météo. "Celui qui me dit qu’il n’y a pas de changement climatique, c’est qu’on ne doit pas vivre sur la même planète", lance Cédric Moscatelli.

Le numérique constitue un autre champ de bataille, avec une dimension politique assumée. Thierry Ledrich met en garde contre la domination des standards américains sur les données de construction et le jumeau numérique : "C’est une forme de guerre économique", martèle le président de la FRTP Grand Est. Sur ces sujets, le pôle tente de maintenir une souveraineté européenne dans les formats de fichiers utilisés.

Une stratégie "contracyclique"

Lancer une nouvelle antenne en 2026, alors que le secteur des TP traverse une crise sévère, peut sembler audacieux. "Le moment est épouvantable, admet sans détour Pierre-Alain Roche. Tout le monde met la tête sous l’eau. Plus personne n’a de temps, plus personne n’a d’argent". Pourtant, les dirigeants d’Infra2050 voient dans ce marasme une opportunité de se démarquer. "Nous sommes complètement contracycliques", affirme le trésorier du pôle. L’idée est de préparer l’avenir quand les autres attendent.

Avec un budget de fonctionnement modeste d’environ 800 000 euros, la structure se veut agile. Thierry Ledrich ose une comparaison avec le Téléthon pour illustrer la recherche d’efficacité : "L’idée, c’est vraiment d’être le petit catalyseur qui fait que ça marche", en minimisant les frais de structure pour maximiser l’impact des projets labellisés. Une fois l’antenne messine rodée, Infra2050 ne s’interdit pas de regarder vers le transfrontalier, notamment vers l’Allemagne et le Luxembourg, sur les sujets ferroviaires ou de l’hydrogène, en profitant de la position géographique de la Lorraine.

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