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Les vins de Bordeaux cherchent des sorties de crise
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Les vins de Bordeaux cherchent des sorties de crise

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Le renouvellement de la présidence du Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB) ce lundi 7 juillet se fait dans un contexte toujours chahuté pour les vins de Bordeaux, qui traversent une crise majeure. Le nouveau président Bernard Farges a donné quelques pistes pour y faire face.

Bernard Farges a été réélu président du Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB) pour un nouveau mandat de trois ans — Photo : G.Bonnaud

Une nouvelle feuille de route pour répondre à la crise. C’est ce qu’a présenté ce lundi 7 juillet le Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB), qui fédère les viticulteurs, négociants et courtiers des vins de Bordeaux (4 637 vignerons AOP, 300 maisons de négoce, 29 caves coopératives et 3 unions). Le vigneron Bernard Farges, 60 ans, rempile pour un nouveau mandat de trois ans à sa tête, poste pour lequel il était seul candidat. Il avait déjà occupé cette fonction entre 2013 et 2016 et entre 2019 et 2022, et officiait depuis trois ans à la vice-présidence aux côtés du négociant Allan Sichel, président sortant. La gouvernance change aussi avec, pour la première fois, un co-président, le négociant Philippe Tapie.

Un vignoble en déprise

La filière, victime d’une crise majeure à laquelle s’ajoutent les tensions géopolitiques et guerres commerciales entre l’Europe, la Chine et les États-Unis, fait état d’un "ralentissement significatif des marchés", dans un contexte déjà durable de baisse de la consommation d’alcool.

"Les vents contraires s’additionnent et ceux qui se pensaient épargnés ne le sont plus dorénavant", a reconnu Bernard Farges lors de son élection. Il a évoqué l’accélération notable des liquidations et des redressements d’entreprise dans le vignoble bordelais. En avril dernier, le média spécialisé Vitisphere révélait que 265 procédures collectives ont été ouvertes en 2024 au sein des tribunaux de commerce de Bordeaux et de Libourne dont 51 liquidations judiciaires, 73 redressements et 19 sauvegardes à Bordeaux, des chiffres en forte augmentation.

7 404

Les chiffres de l’Agreste, service statistique du ministère de l’Agriculture, publiés le 5 juin, enfoncent le clou : le vignoble bordelais, largement subventionné pour l’arrachage, a vu ses surfaces de vignes — et, en conséquence, les travailleurs qui y étaient assignés — se réduire de 15 % par rapport à 2019. Cela représente 7 404 emplois en moins, salariés ou saisonniers.

Côté ventes, si l’interprofession a listé "la valorisation des terroirs AOP" dans sa nouvelle feuille de route aux côtés de l’œnotourisme ou des "partenariats durables dans les relations commerciales", c’est bien parce que ce segment représente toujours 24 % des ventes dans la grande distribution, canal national essentiel bien qu’en baisse constante.

Indicateurs et promotion

Parmi les priorités majeures de Bernard Farges figure le bannissement "des pratiques commerciales qui ne respectent pas la rentabilité des acteurs de la filière" (comprendre : les vins bradés). Le patron du CIVB évoque ainsi "des outils qui garantissent des prix rémunérateurs" avec la participation "active" du CIVB aux évolutions des textes européens et français (loi Egalim). Des réflexions sont aussi en cours sur de nouveaux indicateurs de coûts et de suivi de marché, notamment une collecte des prix de vente en bouteille, là où Bordeaux se référait précédemment au seul prix du vin en vrac, non sans quelques remous.

Pour la promotion, enfin, le CIVB évoque notamment un budget (13 M€ en 2024) fléché vers les AOC ou l’œnotourisme. Il prône aussi un nouveau fléchage vers la promotion des aides de la future politique agricole commune, même si la réorientation est déjà énoncée comme "une bataille difficile. La relance, nous comptons y parvenir par l’inflexion de nos investissements vers la transformation en ventes, vers l’œnotourisme, par des actions de promotion avec d’autres régions. Le soutien à l’exportation se matérialisera par le fléchage de davantage de fonds européens (vers la promotion, NDLR) et l’utilisation de la bannière France", termine Bernard Farges.

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