Face aux "graves conséquences" de l’ultra fast fashion, les fédérations européennes du textile appellent à des actions urgentes des institutions européennes et des États membres. Dans une déclaration commune, signée par une vingtaine de fédérations dont l’Organisation européenne du textile et de l’habillement (Euratex), l’Union française des industries de la mode et de l’habillement (UFIMH) et l’Union des industries textiles (UIT), elles dénoncent "la montée en puissance de la mode ultra-express".
"La mode ultra-express ne peut devenir la norme"
"Ce modèle, porté par de grandes plateformes d’e-commerce extra-européennes, représente déjà 4,5 milliards de colis importés en 2024 dans l’Union européenne, soit 5 % des ventes de vêtements", indiquent les signataires.
Ils alertent sur les "graves conséquences" de ce modèle de consommation express comme l’explosion des déchets textiles, "la pression insoutenable" sur les PME européennes, la menace directe sur les commerces de proximité et les pratiques contraires aux règles européennes (fraude à la TVA, contrefaçon, concurrence déloyale). Selon les signataires, "la mode ultra-express ne peut devenir la norme. Il est temps d’agir collectivement pour promouvoir un modèle économique fondé sur la qualité, la transparence, la responsabilité sociale et environnementale".
Taxer les petits colis
Les fédérations appellent donc les institutions européennes et les États membres "à agir sans délai" au travers de plusieurs mesures. Elles demandent la mise en place d’une taxation sur les petits colis et de supprimer l’exonération de droits de douane en dessous de 150 euros. Autre mesure financière souhaitée : garantir le recouvrement de la TVA de ces flux massifs.
Les professionnels du textile réclament aussi des actions juridiques comme l’application de la réforme du Code des douanes européen, décidée le 27 juin 2025, qui vise à rendre l’Union douanière davantage tournée vers le numérique et les données. Ils exigent aussi des plateformes d’e-commerce qu’elles désignent des représentants légalement autorisés, pour qu’elles puissent être tenues légalement responsables.
Ils souhaitent enfin qu’un dialogue avec les autorités chinoises soit lancé, afin d’encadrer les pratiques de leurs plateformes.
Les consommateurs invités à privilégier les produits durables
Côtés consommateurs, ces derniers "sont également invités à privilégier des produits durables et à soutenir les entreprises qui investissement dans la qualité et l’innovation". Un message qui ne semble pas encore avoir atteint les consommateurs français.
Selon le dernier baromètre de l’audience de l’e-commerce de Médiamétrie/Net Ratings et de la Fevad, les plateformes chinoises Temu et Shein sont en forte progression. Shein affiche 15 % de croissance de son audience au deuxième trimestre par rapport au premier trimestre 2025 et Temu 7 %.