"Après la désindustrialisation que nous continuons de subir, la France doit actuellement faire face à la fermeture de nombreux commerces", a dénoncé Dominique Schelcher sur le réseau social Linkedin. Le PDG de Coopérative U y voit un phénomène de "dé-commercialisation". Outre le textile, c’est "l’ensemble du non alimentaire qui est menacé" a-t-il ajouté, précisant que "la vacance commerciale en ville atteint 10 %" aujourd’hui.
Shein, Temu pointés du doigt
En cause, la concurrence étrangère. "Les plateformes chinoises comme Temu ou Shein inondent le marché européen avec leurs produits à petits prix et à la conformité souvent douteuse", poursuit le patron du groupement qui réunit l’ensemble des magasins U.
Avant de mentionner d’autres enseignes, comme Aldi, Lidl ou Action. Des enseignes "qui commercialisent en France des produits principalement achetés au niveau européen, alors que, dans le même temps, les enseignes traditionnelles sont pointées du doigt lorsqu’elles s’organisent pour négocier au niveau européen avec les plus grandes multinationales".
Taxer les petits colis : "une mesure urgente"
"Qui peut concurrencer un tel modèle commercial ?", s’interroge Dominique Schelcher. Pour lui, des mesures urgentes s’imposent pour rétablir une juste concurrence. La France a déjà réagi à plusieurs reprises. Cet été, la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) a ainsi condamné Shein à une amende de 40 millions d’euros, après une enquête portant sur des prix affichés après réduction trompeurs. La DGCCRF accusant par ailleurs la société de fast fashion chinoise de ne pas pouvoir justifier ses allégations d’entreprise responsable, qui limiterait son impact environnemental en diminuant de 25 % ses émissions de gaz à effets de serre. Dans la foulée, plusieurs fédérations du commerce hexagonales avaient demandé au gouvernement de déréférencer les sites de Shein, Temu ou encore AliExpress.
Au printemps, le gouvernement français avait auparavant annoncé un triplement des contrôles douaniers et affirmé défendre une mesure de taxation des petits colis entrant dans l’Union européenne. L’an passé, 4,6 milliards de colis d’un montant inférieur à 150 euros (et donc exemptés de droit de douane) ont en effet été importés dans l’Union Européenne, à plus de 90 % en provenance de Chine. Un chiffre qui a doublé entre 2020 et 2022 et encore doublé entre 2022 et 2024, dixit la Commission européenne. Pour le patron de Coopérative U, la taxation des petits colis s’impose : "Il faut d’urgence la mettre en œuvre".