Coopérative U, Monoprix, Promod… Plus de 100 marques attaquent Shein en justice pour concurrence déloyale
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Coopérative U, Monoprix, Promod… Plus de 100 marques attaquent Shein en justice pour concurrence déloyale

Pas moins de 12 fédérations professionnelles du commerce et de l’industrie, ainsi qu’une centaine de marques lancent une action judiciaire commune contre Shein. La marque de textile et plateforme e-commerce d’origine chinoise est accusée de "concurrence déloyale". Et de "bâtir un avantage compétitif sur des pratiques illégales", en s’affranchissant des normes françaises et européennes.

100 marques et 12 fédérations du commerce et de l’industrie demandent la "réparation des préjudices subis", en dénonçant "un avantage compétitif bâti [par Shein] sur des pratiques illégales" — Photo : Rokas

Nouvelle action en justice contre le géant de l’e-commerce asiatique Shein. Après la procédure judiciaire engagée par le gouvernement visant à suspendre la plateforme en France, les entreprises de l’Hexagone se rebiffent à leur tour. "Les principales fédérations du commerce et de l’industrie, ainsi qu’une centaine de marques du secteur engagent une action en justice contre la plateforme en ligne Shein en réparation pour concurrence déloyale", assène un communiqué. L’action a été lancée auprès du tribunal de commerce d'Aix-en-Provence.

Promod, Monoprix, Besson et Grain de Malice vent debout

Parmi ce collectif figurent une centaine d’enseignes, dont Coopérative U, Monoprix, Promod, Besson ou encore Grain de Malice. À leurs côtés, 12 fédérations : l’Alliance du commerce (réunissant 16 000 points de ventes et 150 000 salariés), la Fédération de l’e-commerce et de la vente à distance (Fevad), la Fédération Française de la Franchise, l’Union des Industries Textiles (2 400 entreprises)… Ou encore l’organisation professionnelle Boci, qui promeut les entreprises de la bijouterie.

Tous demandent la "réparation des préjudices subis", en dénonçant "un avantage compétitif bâti sur des pratiques illégales". Et le collectif de citer les nombreuses amendes infligées à Shein.

Déjà près de 200 millions d’euros d’amende pour Shein

En l’espace d’un an, l’enseigne a déjà été sanctionnée à près de 200 millions d’euros d’amende en France. Dont 40 millions d’euros pour "pratiques commerciales trompeuses", après une enquête portant sur des prix affichés trompeurs après réduction. Concrètement, 57 % des annonces vérifiées n’offraient aucune baisse de prix. Et 11 % des annonces de réductions affichées étaient en réalité des augmentations… Une sanction posée par la Répression des Fraudes (DGCCRF). Une autre amende de 150 millions d’euros pour non-respect de la législation sur les cookies, déposés sans consentement, a aussi été notifiée au géant asiatique par la Cnil (Commission nationale de l’informatique et des libertés). Sans oublier une amende administrative d’un million d’euros pour ne pas avoir déclaré la présence de microfibres plastiques dans certains produits.

"Shein a pu réduire illégitimement ses coûts, accroître ses profits et gagner des parts de marché au détriment des acteurs économiques implantés en France"

"Grâce à ces manquements massifs et répétés, Shein a pu réduire illégitimement ses coûts, accroître ses profits et gagner des parts de marché au détriment des acteurs économiques implantés en France respectueux des règles et de la sécurité des consommateurs", argumente le communiqué.

Ce document aux allures de tribune pointe aussi la récente découverte "d’objets pédopornographiques ou encore d’armes en vente libre sur la plateforme".

Audience au tribunal en janvier

La plateforme n’est d’ailleurs pas la seule mise en cause dans ce scandale en France. Le ministre des PME, du commerce, Serge Papin, confiait récemment dans les colonnes du Parisien avoir découvert avec la répression des fraudes (DGCCRF) qu’AliExpress et le site Joom vendaient aussi des poupées pédopornographiques. Les plateformes Wish, Temu, AliExpress et eBay, des armes de catégorie A…

Le collectif conclut en précisant que l’audience "qui fixera le calendrier de la procédure et les échanges entre les parties, se tiendra le 12 janvier 2026 devant le tribunal de commerce d’Aix-en-Provence".

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