La dynamique d’implantation de nouveaux commerces s’essouffle, excepté pour les drives
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La dynamique d’implantation de nouveaux commerces s’essouffle, excepté pour les drives

Le commerce français se transforme selon le dernier rapport de la Commission nationale d’aménagement commercial. Moins de surfaces nouvelles ont été autorisées, et les projets sont davantage de petite envergure. Une hausse des drives et de la vacance commerciale révèle aussi une mutation des modes de consommations.

Les projets autorisés de nouveaux commerces sont de plus petite envergure — Photo : CC-BY-2.0-Jacek-Dylag

Avec près de 465 000 m² de surface totale de vente autorisés par les Commissions départementales d’aménagement commercial, l’année 2025 marque une baisse importante pour le dynamisme du secteur. Selon le rapport annuel de la Commission nationale d’aménagement commercial, qui se charge d’examiner les recours contre les décisions des CDAC, ce recul atteint 23 % par rapport à 2024.

Des projets plus petits

Malgré la diminution des surfaces autorisées, le nombre de projets augmente et passe de 338 à 370. Les demandes portent donc sur des projets de moindre envergure ce qui peut s’expliquer par "la poursuite du déploiement des objectifs du zéro artificialisation nette", qui vise à réduire les surfaces construites. Dans la lignée de cette tendance, les projets d’extension représentent 61 % des dossiers.

La Cnac pointe aussi une transformation ou un développement de certains secteurs, "sous l’effet des nouveaux modes de consommation et de la transformation des usages". C’est notamment le cas dans l’alimentation avec une réduction des surfaces des magasins et une explosion du nombre de drives.

Les drives en expansion

Ce mode de consommation a fortement augmenté en 10 ans. En 2014, le pays comptait 3 000 drives, contre près de 7 300 en 2025, soit une hausse de 243 %. Selon la commission, "après une phase de développement rapide, l’augmentation du nombre de drives a fortement ralenti et leur nombre semble atteindre un plateau".

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Mais la stabilisation de l’offre ne freine pas la demande et la consommation dans les drives. Le chiffre d’affaires de ces enseignes a triplé entre en 10 ans, passant de 4,3 milliards d’euros en 2014 à 13 milliards d’euros en 2024.

La vacance commerciale progresse

Dans son rapport, la Cnac relève une progression constante de la vacance commerciale depuis 2019. En 2024, son taux atteignait, tous sites confondus, 10,9 %, contre 9,5 % en 2019. Ce phénomène est particulièrement élevé dans les centres commerciaux, où il atteint 16,1 % des commerces. Dans les centres-villes, la vacance est de 10,9 % et rejoint ainsi son niveau de 2020 (10,3 %).

Pour la Cnac, cette évolution se joue dans un contexte de "profondes mutations" du secteur. La commission cite notamment la fin progressive des dispositifs d’aide de la crise sanitaire, l’évolution des modes de consommations avec la montée du commerce en ligne et les tensions persistantes sur les loyers commerciaux.

Des tensions qui sont pourtant bien identifiées. Pour accompagner les commerces les plus en difficulté, une proposition de loi prévoyait d’expérimenter l’encadrement des loyers commerciaux dans certains territoires. Le texte a cependant été rejeté le 25 mars 2026 par le Sénat, suscitant une "profonde déception" des acteurs et notamment de la Fédération nationale de l’habillement.

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