Coop Normandie Picardie conteste son exclusion du Groupement U
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Coop Normandie Picardie conteste son exclusion du Groupement U

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Associé à U depuis 2009, Coop Normandie Picardie vient de se faire exclure du groupement de commerçants. Une mise à l’écart qui intervient juste avant le délibéré du tribunal de commerce de Rouen sur le plan de sauvegarde de la coopérative de consommateurs.

Ralph Binginot, PDG de Coop Normandie Picardie — Photo : Hasselblad H4D

Nouveau coup dur pour Coop Normandie Picardie. Ayant son siège social à Grand Quevilly, près de Rouen, cette coopérative de consommateurs de 182 salariés, détenue par 5 000 particuliers, exploite 9 magasins Super U et U Express en Seine-Maritime (7), dans l’Eure (1) et dans la Somme (1). Associée à U depuis 2009, elle vient de se faire notifier le 18 mai son exclusion du Groupement U, réunissant les magasins de Système U Nord-Ouest, de Proxi U Nord-Ouest et d’Expan U Nord-Ouest.

"Nous sommes dans une dépendance très forte vis-à-vis de U."

Devant être opérationnelle le 30 septembre 2026, l’exclusion de Coop Normandie Picardie va priver le distributeur d’environ 80 % de ses approvisionnements (20 % de ses rayons étant alimentés par 75 PME et producteurs locaux), mais aussi du droit d’utiliser l’enseigne U. Elle met fin aussi aux prestations de services informatiques, comme les systèmes d’encaissement. "Nous sommes dans une dépendance très forte vis-à-vis de U", résume Ralph Binginot, PDG de Coop Normandie Picardie.

Une exclusion 6 jours avant le délibéré du tribunal

Ce qui explique la fin brutale d’une association qui dure depuis 17 ans ? "Le grief principal est d’être en procédure de sauvegarde, ce qui est très mal vécu par U. Le reste des griefs, c’est de l’habillage", assure le dirigeant normand. L’exclusion, six jours avant le délibéré du tribunal de commerce de Rouen sur le plan de sauvegarde de Coop Normandie Picardie, attendu ce mardi 26 mai, interroge. "C’est un geste qui parle de lui-même", commente Ralph Binginot.

Le plan de sauvegarde de l’entreprise a pour l’instant "été approuvé par 100 % des créanciers publics et privilégiés et par 94 % des créanciers chirographaires (qui sont remboursés après les autres et qui s’exposent donc aux impayés, NDLR), en dehors du Groupement U. Les représentants du personnel l’ont validé, tout comme les administrateurs et les mandataires judiciaires. Seul U s’y est opposé", expose Ralph Binginot.

Ce que prévoit le plan de sauvegarde

Ce plan prévoit un remboursement à 100 % des créanciers publics sur 10 ans et à 55 % des créanciers chirographaires, dont fait partie U. Il ne prévoit pas de cessions de magasins, ni de suppressions d’emplois. "La restructuration a déjà été faite. Nous avons supprimé 14 emplois en 2024 afin de nous adapter à la diminution du nombre de magasins. On a aujourd’hui un modèle qui pourrait fonctionner", assure Ralph Binginot. La fin de l’alliance avec U dans un délai aussi court jette toutefois un trouble sur la capacité de l’entreprise à rebondir.

Des relations tumultueuses

À vrai dire, les relations sont tumultueuses entre U et son associé depuis plusieurs années. Ralph Binginot évoque ainsi des loyers de magasins très élevés payés à U, "qui nous ont asphyxiés pendant des années. Ils ont augmenté avec la hausse des taux d’intérêt. On a eu des loyers qui s’élevaient à 7 %, voire 8 %, du chiffre d’affaires, alors qu’une moyenne raisonnable serait de l’ordre de 2 %. On a entamé des négociations avec U en 2022, ouvert une conciliation en 2023, trouvé un accord en 2024. Mais U nous a fait des demandes financières supplémentaires. Tout cela nous a conduits à la procédure de sauvegarde en mai 2025", explique Ralph Binginot. Entre-temps, face aux difficultés, Coop Normandie Picardie s’est délesté en 2024 de sept magasins, deux hyper et cinq super, repris par des associés de U.

Réintégrer U ou partir ?

Quel avenir pour Coop Normandie Picardie ? Ralph Binginot est face à deux options. Soit réussir à réintégrer le groupement de commerçants. "Je ne désespère pas que U revienne à la raison", confie-t-il, jugeant cette solution comme étant "la plus simple". Deuxième possibilité : trouver un nouveau partenaire. Mais le préavis de quatre mois laissé par U s’avère impossible à tenir pour changer d’enseigne, réaliser des travaux, mettre en place un nouveau système informatique, former les équipes. "Quatre mois, c’est clairement insuffisant. Il va y avoir des discussions à ce sujet", assure Ralph Binginot, jugeant la durée du préavis non proportionnelle à la durée du partenariat et au degré de dépendance. "Nous allons utiliser les outils que la loi met à notre disposition pour nous défendre", prévient le dirigeant normand.

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