Pierre Luzeau, président de Seqens, en croisade contre les prix trop bas des médicaments essentiels 

Pierre Luzeau, président de Seqens, en croisade contre les prix trop bas des médicaments essentiels 

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"La chimie pharmaceutique est particulièrement touchée et nous sommes passés en un an d'une logique de réindustrialisation à une désindustrialisation", s'alarme, sur Linkedin, Pierre Luzeau, président de Seqens (3 315 salariés dans le monde ; 1,04 Md€ de CA en 2023), n°2 de la synthèse pharmaceutique en Europe. En cause, selon lui, le prix trop bas des médicaments essentiels matures dans notre pays, de sorte qu'ils ne sont viables que pour des acteurs chinois et indiens alors que dans le même temps, l'Europe continue à ne pas défendre ses frontières. "Il faut des mesures de sauvegarde et imposer une part de production locale pour les médicaments commercialisés en Europe avant qu'il ne soit trop tard. Une usine fermée ne rouvre jamais", estime-t-il. Pour rappel, Seqens, implanté à Ecully dans la métropole de Lyon, est en train de relocaliser la production du principe actif du paracetamol sur sa plateforme iséroise de Roussillon. Les travaux de construction de sa future usine de paracétamol ont débuté début 2023. Décidé en plein Covid, l'investissement de 100 millions d'euros avait été annoncé par Emmanuel Macron à Marcy-l'Étoile (Rhône) pour relocaliser des productions réalisées en Chine et en Inde depuis la fin des années 1990. Symboles d'une souveraineté nationale retrouvée, les premiers lots devraient sortir de l'usine en 2025, à destination de ses clients hexagonaux Sanofi (Doliprane) et Upsa (Dafalgan, Efferalgan) et européens. Depuis, Sanofi a cédé sa filiale Opella, qui commercialise notamment du paracétamol produit en France, au fonds américain, CD&R ...