Produits non conformes, dangereux… Dans une lettre ouverte adressée au gouvernement français, une cinquantaine de fédérations du commerce, adhérentes de la Confédération des commerçants de France (CDF) et du Conseil du Commerce de France (CdCF), alertent sur les risques pour le marché français des produits de Shein, Temu et AliExpress.
66 % des produits contrôlés sur Temu et Shein "sont dangereux"
Selon Amélie de Montchalin, ministre chargée des Comptes publics, 94 % des produits contrôlés en provenance de plateformes comme Temu ou Shein sont non conformes, et 66 % sont dangereux. Des statistiques inquiétantes que les confédérations de commerce relaient dans leur lettre ouverte publiée le 2 juin.
Face à ces plateformes chinoises, qui "ne sont plus marginales", les commerces français dénoncent un manque de sécurité, de transparence et d’équité.
Le déréférencement comme solution
Comment lutter efficacement contre la concurrence de ces plateformes, dont les produits ne respectent pas, à au moins 85 % indiquent les professionnels français, les normes européennes ?
Les signataires de la tribune rappellent que "la loi française donne déjà les moyens d’action". En effet, "le Code de la consommation permet à la DGCCRF, en cas de manquements graves et persistants, d’ordonner le déréférencement, la suspension ou même le blocage de l’accès à un site", soulignent les fédérations du commerce.
La plateforme Wish, un précédent de déréférencement en 2021
Le déréférencement de plateforme a déjà été employé en 2021, à l’encontre de Wish. La plateforme américaine d’e-commerce avait été suspendue par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) pour vente de "produits non conformes et dangereux". La décision a été approuvée par la justice.
La plateforme a été retirée des principaux moteurs de recherche jusqu’en 2023, lorsque Wish s’est engagé à veiller à la conformité de ses produits. Un précédent que les fédérations de commerçants françaises mettent en avant, afin d’inciter le gouvernement à se servir à nouveau de ce cadre juridique.