Alpes-Maritimes
"Les dirigeants de l'accélérateur ont compris l'intérêt de la croissance externe pour changer d'échelle rapidement"
Interview Alpes-Maritimes # Services # Fusion-acquisition

Thomas Collet directeur d'investissements chez Connect Pro et secrétaire général de l'UPE06. "Les dirigeants de l'accélérateur ont compris l'intérêt de la croissance externe pour changer d'échelle rapidement"

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La première promotion du fonds Boost Côte d'Azur arrive à son terme. L'initiative a été lancée par l'UPE 06, avec l'IRCE et Connect Pro, pour accompagner et financer les TPE et PME azuréennes vers de la croissance externe. Premier bilan avec Thomas Collet, directeur d'investissements chez Connect Pro et secrétaire général de l'UPE06 avant que ne démarre la deuxième promotion.

Thomas Collet est directeur d'investissements chez Connectpro et secrétaire général de l'UPE06 — Photo : DR

Ils étaient 10 dirigeants au départ de la première édition de l’accélérateur Boost Côte d’Azur, sont-ils toujours 10 à l’arrivée ?

Effectivement ils sont toujours 10 à l’arrivée, c’est une première satisfaction pour nous. Il y a tout de même des projets qui ont évolué et notamment un, qui a finalement décidé de peut-être remettre le projet à plus tard, jugeant que son entreprise n’était pas encore prête et qu’il était mieux de poursuivre d’abord sur de la croissance organique.

Et les 9 autres, a priori vont-ils réussir à mener une opération de croissance externe ?

Oui, je pense parce qu’ils sont motivés et ont bien compris l’intérêt de la croissance externe, qui est celle de faire une croissance beaucoup plus rapide, de passer un cap, de changer d’échelle rapidement. Ils ont aussi conscience des enjeux et des difficultés, que nous avons également mis en avant. Ils le font de manière moins précipitée, ils sont plus dans l’analyse de leur cible. C’était le but de l’accélérateur.

Ont-ils tous identifié leur cible ?

Certains sont encore en recherche et 4 d’entre eux sont en discussion avancée avec des cibles. Certains avaient déjà étudié une cible, et puis finalement ça ne s’est pas fait, ils en cherchent une nouvelle. Il y en a qui savent que de toute façon le projet était pour 2025. Chacun a une temporalité différente.

Je précise que nous sommes aux côtés des 4 qui sont à l’étude. Je ne dis pas qu’on les financera, mais dans l’étude, nous participons à analyser, bilan, compte de résultats, pour leur dire "Pense à ça quand tu vas le rencontrer", "Questionne-le là-dessus parce que cela semble bizarre, cela ne correspond pas à ce qu’il nous a dit"…

Parce que vous investirez peut-être à leur côté ?

Si la cible est intéressante et si leur profil est intéressant, si le projet global nous convient bien, nous investirons. Donc oui, nous sommes en train de regarder les 3-4 identifiées. Je pense qu’on pourra faire une première opération au début de l’année prochaine.

Autour de Pierre Ippolito (au centre première ligne), président de l'UPE 06, se trouvent les 10 dirigeants azuréens sélectionnés dans la première promotion de Boost, et des partenaires du programme, dont l'IRCE et Connect Pro — Photo : Olivia Oreggia

Êtes-vous prêts à lancer la 2e promotion ?

Oui, nous allons bientôt la lancer et voulons réunir au moins 8 dirigeants et dirigeantes. Il n’y a pour l’heure aucune femme parmi les candidates, ce que je regrette et regrettais déjà sur la première session.

Pensez-vous que la conjoncture puisse décourager des dirigeants de se lancer dans des acquisitions ?

La conjoncture n’est pas idéale. Il y a des incertitudes, les dirigeants ont peut-être un peu de mal à se projeter sur une formation de six mois. On voit que des secteurs très présents dans les Alpes-Maritimes comme le retail ou le bâtiment, sont en souffrance et cela touche tout le monde plus ou moins directement. En ajoutant à cela l’instabilité politique, notamment fiscale, j’ai l’impression que les dirigeants sont plutôt attentistes, même s’ils savent que se former n’a rien à voir avec un changement de fiscalité, par exemple.

Sans être cynique, ne serait-ce pas aussi le bon moment pour faire de la croissance externe ?

Nous essayons beaucoup d’appuyer sur le fait que c’est justement dans ces périodes-là d’incertitude qu’il y a des opportunités. Ce n’est pas cynique, c’est l’occasion d’avoir des entreprises à la vente, c’est l’occasion de croître, de structurer un marché.

Quel premier bilan tirez-vous à ce jour de cette première promotion ?

Avant tout, nous sommes contents d’avoir été au rendez-vous car nous avions une promotion de dirigeants de très bon niveau et assez exigeants.

Ce qui a bien fonctionné est l’intervention de professionnels dès le premier séminaire. Cela a créé un effet de groupe, un collectif. On sentait déjà qu’il y avait une belle énergie entre eux, ils se parlaient, voulaient se revoir. Ils s’étaient parlé de leurs affaires. On sentait qu’il y avait un besoin d’échanger et de partager les histoires de chacun. Ce que nous avons retrouvé pendant les six mois de formation, ça ne s’est jamais perdu.

L’autre élément important est la qualité des intervenants et la manière dont ils ont pris le programme. Je pense notamment à Jean-Jacques Amouyal du cabinet d’expertise comptable In Extenso ou à Bastien Bernard, avocat chez Askesis. Ils ont toujours tout le temps parsemé leur formation d’exemples concrets.

Il y a de très bons experts-comptables qui savent mettre des chiffres dans des cases, mais qui ne sont pas adaptés pour faire des prévisionnels, des due diligence ou pour analyser des prévisionnels de cibles. Un avocat qui vous accompagne sur une croissance externe, ce n’est pas un avocat qui fait du civil, des divorces ou même du juridique à la barre du tribunal de commerce. Quelle va être la bonne personne qui va pouvoir m’accompagner dans ma croissance ? Je crois que l’accélérateur a servi à ça aussi.

Alpes-Maritimes # Services # Fusion-acquisition # Réseaux d'accompagnement # Capital