Ils étaient 10 l’an dernier, ils sont 7 cette année qui vont suivre ateliers et coaching pour se former à la croissance externe. Tous ces dirigeants maralpins sont à la tête d’entreprise dont le chiffre d’affaires dépasse le million d’euros mais qui, TPE ou PME, restent trop petites pour intéresser les fonds d’investissement.
C’est ainsi qu’a été créé ce parcours. Sur une idée de l’UPE06 et de son président Pierre Ippolito, avec le soutien de l’IRCE, l’Institut régional des chefs d’entreprise, Connect Pro et la CCI, pour les aider à "changer d’échelle, à passer un cap dans leur développement", explique Christophe Sivelle directeur général de l’IRCE.
Des cibles déjà dans le viseur
Contrairement à la précédente promotion, tous les dirigeants participants ont déjà identifié des cibles. Christophe Villière est à la tête de Lutam, société de location de véhicules de tourisme et utilitaires, forte de 5 agences, 600 véhicules et d’un chiffre d’affaires de 6,5 millions d’euros, qu’il veut porter à 30 millions d’ici trois ans. Pour cela, il compte notamment se diversifier. "J’ai identifié une entreprise à Monaco, qui réalise 17 millions d’euros de chiffre d’affaires dans l’achat et la vente de véhicules de prestige. Elle peut aussi proposer la location, courte et longue durée, qui n’est pas exploitée aujourd’hui."
Fabrice Puech a quant à lui créé en 2008, avec son épouse, l’enseigne Au Pays du Citron à Menton, dans une petite boutique de 20 m2 proposant près de 200 produits autour de l’agrume. Dix-sept ans plus tard, le couple a recruté 40 personnes, ouvert 6 magasins, clôturé son dernier exercice à 5 millions d’euros et est devenu producteur de citron. "La croissance organique est forte, néanmoins nous visons l’acquisition de notre principal et unique concurrent à Menton afin de verrouiller le marché."
De même pour Maud Bouresche, cofondatrice et cogérante de Novetech Surgery (8 collaborateurs) qui évolue dans la R & D et la commercialisation d’implants et de techniques chirurgicales vétérinaires ; pour Pierre Charvet et Youstock (solution de self-stockage) qui a déjà fait l’acquisition l’an dernier d’un concurrent installé à Londres ; pour Alexandre Gallier et Innbox qui construit, aménage et exploite des sites de stockage ; pour Benoît Cuny et La Piscine By Casiris (entretien, réparation, construction et rénovation de piscine) ou pour Allegra Trichard, directrice de AllOver Production, agence de production d’événements musicaux et culturels.
Avoir les "bons réflexes"
Ils vont avoir six mois pour apprendre à déjouer les écueils liés à l’exercice. "Un projet de croissance externe ne se décide pas du jour au lendemain, et quand une opportunité se présente, on n’a pas forcément les bons réflexes pour concrétiser, reprend Christophe Sivelle. Nous allons essayer de ne pas trop les dégoûter, mais nous allons leur parler vrai et montrer aussi qu’il y a des contre-exemples en matière de transmission et d’accélération. Reprendre une entreprise ne signifie pas que l’on va faire tout de suite " 1+1 = 3 ou 4 ". Il faut prendre conscience des risques, savoir si on est vraiment fait pour ça, si c’est le bon moment."
Et Thomas Collet de rappeler concernant la promotion précédente, qui a clôturé son parcours en décembre 2024, que les premiers résultats sont encourageants. Il est directeur d’investissements chez Connect Pro (Turenne) qui opère le fonds de 10 millions d’euros abondé par la BPMed, la Caisse d’Épargne Côte d’Azur et le Crédit Agricole Provence Côte d’Azur. "Nous sommes en train de signer deux lettres d’intention en vue d’un financement. Ce qui veut dire que ces entreprises ont suivi le parcours et trouvé leur cible. Nous avons établi la valorisation, le prévisionnel et avons commencé à parler de l’aspect juridique." D’autres cherchent toujours activement leur cible.