C’est une petite entreprise que d’aucuns diraient discrète et qui est pourtant derrière l’un des événements culturels devenus phare sur la Côte d’Azur et qui voudrait bien pousser un peu plus loin encore le curseur de ses ambitions.
Plus de 10 millions d’euros de retombées économiques
Allover production est une entreprise niçoise de 7 personnes, qui crée, programme et produit des concepts liés à la musique, à commencer par les Plages Électroniques, "le cœur de l’activité", décrit Allegra Trichard, sa directrice. Il s’agit d’un festival qui se déroule chaque été sur les plages de Cannes, en extérieur et à l’intérieur du Palais des Festivals. Six scènes, 60 000 personnes dans le public, 460 employés dont 250 agents de sécurité. "C’est comme si on montait une mini-société pendant trois jours".
Et au total un poids économique certain, évalué par les organisateurs à plus de 10 millions d’euros en 2023, soit près du double de l’édition 2019. Il faut dire que près de 40 % des festivaliers ne sont pas originaires de la région Sud et viennent spécifiquement pour l’événement. Hôteliers, restaurateurs, commerçants s’en réjouissent.
Et c’est ce qui alimente les finances d’Allover Production. Sur les 8 millions de son chiffre d’affaires, 7,3 millions d’euros proviennent des Plages électroniques. "Essentiellement de sa billetterie et ses consommations aux bars."
Une activité de promoteur
Allover mène aussi une activité de promoteur local, encore marginale pour l’instant. Comme elle le fait avec la Villa Djamel Comedy Club où, pendant plusieurs jours au cœur de l’été, de jeunes humoristes poulains de Jamel Debbouze viennent se produire à Cannes dans un jardin et une ambiance champêtre. Ou comme elle l’a fait avec le spectacle La Haine, au sein du Palais Nikaïa, le Zénith de Nice. "Quand on n’est pas producteur mais promoteur, ce n’est pas nous qui portons le risque financier." Une activité qu’Allegra Trichard entend bien développer.
Vers de la croissance externe
Mais il est un autre projet sur lequel Allover travaille et qui devrait permettre à l’entreprise de changer de dimension. "Nous voulons créer de nouveaux modèles économiques vertueux, avec de nouvelles verticales. Bien sûr, nous allons poursuivre notre activité de festivals, mais nous voulons créer des lieux de convivialité, des salles de concert." Une salle, avec une jauge autour des 1 500 places, intermédiaire à celles existant déjà sur le territoire. Un projet pour lequel elle a intégré la deuxième promotion de Boost Côte d’Azur, programme d’accélération porté par l’UPE06, avec l’IRCE, Connect Pro et la CCI Nice Côte d’Azur, qui vise à apprendre aux dirigeants à changer d’échelle via de la croissance externe.
"Un premier laboratoire"
Un projet auquel Allover a déjà commencé à se préparer en transformant l’ancienne gare maritime de Cannes pendant deux mois, deux fois par an, en un "lieu de vie, de convivialité avec des concerts, du stand-up, des tables rondes avec des entrepreneurs, des startuppeurs, des bars et de la restauration bien sûr… Cela a été pour nous un premier laboratoire. Maintenant, nous allons passer à l’étape numéro deux, racheter un lieu dont nous essaierons ensuite de dupliquer le modèle et de créer de nouvelles opportunités pour en faire d’autres."
Une ambition que la directrice voudrait bien voir se concrétiser à l’horizon 2026, ayant déjà identifié des cibles d’acquisition.
En attendant, elle travaille aussi à la naissance d’un nouveau festival de musique.