Vous avez fondé en 2009 l’ISCAE, une école niçoise spécialisée dans les métiers de commerce, de la communication et de l’immobilier. Pourquoi venez-vous d’en ouvrir le capital au marseillais Connect Pro - Turenne Groupe, qui prend une participation minoritaire ?
L’ISCAE est une PME (employant 50 salariés, pour 3,3 M€ de CA, NDLR) que je dirige avec Nacera Hassani, mon associée du premier jour. Nous sommes à un tournant : le terrain de jeu sur lequel on évolue a sensiblement changé. Il y a huit ans, nous n’étions que cinq ou six acteurs sur le marché. Aujourd’hui, on se retrouve avec 25 à 30 écoles directement concurrentes, émanant souvent de groupes nationaux, dont les ambitions ne sont pas forcément les nôtres, de même que les moyens financiers, les capacités de communication ou de marketing. Si nous voulions continuer d’exister et nous développer, il était devenu compliqué de rester seuls. C’est une des raisons pour lesquelles j’ai écouté, dans un premier temps, les propositions de la banque d’affaires parisienne Entreprises et Décisions, qui m’a contacté. Ce sont eux qui m’ont proposé de faire un point sur le parcours de l’école, son développement et ses projets de développement.
Pourquoi avoir choisi de vous associer avec Connect Pro ?
Nous avons écarté très vite les propositions d’acteurs "industriels" du secteur. Sont restés en lice des fonds d’investissement dont Connect Pro. Ce sont des régionaux, très impliqués. Surtout, Connect Pro a la particularité d’avoir une mission d’accompagnement. J’ai l’impression d’avoir un deuxième associé opérationnel, sous la forme d’une entité multiforme ou multipersonnelle. Nous sommes liés par un projet à long terme, puisque nous sommes ensemble durant un minimum de sept ans.
Nous nous sommes aussi retrouvés sur le fait qu’une école est un lieu de lien social et d’échanges. Comme nous, ils ne croient pas aux formations 100 % en e-learning, avec des centres de formation et des CFA hors-sol. C’est un argument qui a pu me convaincre.
Quelle est la prochaine étape pour l’ISCAE ?
Nous voulons capitaliser sur tout le modèle développé depuis 15 ans qui est structuré, reproductible, "scalable". L’idée est d’avoir, d’ici à cinq ans, deux ou trois autres implantations en région Paca et en Corse. Toujours en centre-ville, j’y tiens, avec une vraie relation de proximité avec les entreprises et les étudiants et en ciblant des villes dites secondaires, voire des petites villes. Nous ouvrons aussi un second campus sous forme d’annexe à Nice, car nous sommes arrivés au bout de nos capacités d’accueil dans notre local actuel.
L’une des particularités de l’école est d’être proche des entreprises. Comment cela se matérialise-t-il ?
Au départ, nous ne sommes pas allés à la rencontre des entreprises. Nous avons tout simplement recruté comme enseignants des professionnels du monde de l’entreprise qui, eux, ont pu orienter les démarches pédagogiques, les programmes. Les choses ont fait leur chemin. Aujourd’hui, nous travaillons main dans la main avec les entreprises, notamment dans le secteur bancaire et la communication, deux métiers pour lesquels nous avons des diplômes adaptés.
Travailler main dans la main, qu’est-ce que cela signifie concrètement ?
Nous venons par exemple de construire une spécialisation, liée au métier de conseiller professionnel dans la banque, en réponse aux besoins de la Caisse d’Épargne Côte d’Azur. Ils avaient un besoin, nous avions la réponse formative. L’objectif n’est pas non plus de former des salariés de la Caisse d’Épargne, mais bien des étudiants multiadaptables et capables de se former en permanence, y compris après leurs études.