Carole Deumié (Centrale Méditerranée) : "Nous voulons grandir à Marseille et Nice, avec 2 000 étudiants d’ici 2030"
Interview # Organismes de formation # Infrastructures

"Nous voulons grandir à Marseille et Nice, avec 2 000 étudiants d’ici 2030"

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Centrale Méditerranée a dévoilé sa stratégie "Cap 2030", dont l’ambition est de faire de l’école un territoire "source" de l’ingénierie responsable, avec 100 actions déployées sur la formation, la recherche, l’innovation et la vie de campus. Sa directrice Carole Deumié revient sur les enjeux de ce plan.

Carole Deumié, directrice Centrale Marseille — Photo : Pierre-Alain Leboucher

Pour quelles raisons avez-vous choisi de publier Cap 2030 en ce début d’année 2026 ?

Le monde est bousculé et nous voulions montrer notre envie de contribuer aux enjeux planétaires, aux enjeux de développement durable, qui ont tendance à être relayés, à tort, au second plan. Nous formons les professionnels de demain, nous avons à cœur de leur transmettre un socle de responsabilité, de les confronter aux réalités en leur apprenant à agir de manière responsable.

Cap 2030 s'inscrit dans une stratégie engagée depuis 2023. Quelle en est la colonne vertébrale ?

Le Schéma directeur développement durable et responsabilité sociétale et environnementale 2025-2030 est une obligation pour tous les établissements depuis le Plan climat-biodiversité et transition écologique de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

Cap 2030 s'inscrit pleinement dans notre stratégie 2023-2030, structurée autour de trois axes : attirer par la formation, innover par la science et développer le collectif. Cap 2030 en est la traduction opérationnelle. Il vise à accompagner le développement de l’école, tout en posant la responsabilité comme fil conducteur de l’ensemble de nos missions : former, chercher, innover, mais aussi faire vivre un campus et un écosystème engagés.

Cette démarche de transformations responsables a été pensée de manière systémique. Elle irrigue à la fois la formation, la recherche, l’innovation, mais aussi l’international, les relations avec les entreprises, la vie associative, la vie de campus et le positionnement méditerranéen de l’école.

Concrètement, quels sont vos objectifs de développement en matière de formation ?

Nous comptons aujourd’hui 1 400 étudiants à Marseille et Nice, contre 1 100 en 2019, à la création de l’école. Notre objectif est d’atteindre entre 1 800 et 2 000 étudiants à l’horizon 2030. Cette croissance se fera principalement sur le campus de Nice, ouvert en 2023, qui accueille aujourd’hui 70 étudiants et devrait en compter environ 600 d’ici 2030.

Nous souhaitons également élargir et renforcer notre offre de formation, du bac + 3 au bac + 8, en lien étroit avec les besoins des entreprises et du territoire.

Quels leviers mobilisez-vous pour adapter vos formations aux enjeux économiques et environnementaux ?

Dans tous nos cursus, nous renforçons un socle scientifique consacré aux transitions écologiques et au développement soutenable. Nous intégrons également des interventions d’entreprises et d’organisations engagées dans les transitions.

Dans le programme ingénieur, les semaines dédiées à l’idéation s’appuieront sur des problématiques concrètes liées au territoire : l’eau, les mobilités, l’énergie. Un semestre d’apprentissage par l’action sera consacré à des projets de long terme, menés en groupe, avec des entreprises labellisées portant des projets responsables et coopératifs.

De nouvelles formations sont-elles prévues ?

Nous développons plusieurs formations en partenariat, ce qui nous permet également d’accroître nos effectifs. Nous avons, par exemple, un master spécialisé en éolien flottant avec SeaTech à Toulon, qui accueille une vingtaine d’étudiants, ainsi qu’un master spécialisé en cybersécurité avec l’École de l’air et de l’espace à Salon-de-Provence.

Nous poursuivons également nos doubles cursus historiques (45 % de nos étudiants) avec Sciences Po Aix et l’IAE d’Aix.

Comment se déclinent l’innovation et la recherche à l’horizon 2030 ?

Nous souhaitons faire de la recherche (102 enseignants-chercheurs) un véritable levier de transformations responsables. Pour cela, nous créons un pôle d’expertise adossé à la chaire Unesco "Innovation pour le développement durable".

Nous renforçons également notre soutien aux projets de recherche et d’innovation inspirés du vivant, notamment à travers des appels à projets. L’école a intégré en 2025 le consortium 3IA Côte d’Azur, et certains de nos enseignants-chercheurs bénéficient d’un soutien sur des thématiques liées à la modélisation du vivant par l’intelligence artificielle.

Comment pilotez-vous concrètement cette démarche de transformations responsables ?

Pour quantifier nos objectifs et accompagner la mise en œuvre de Cap 2030, l'école se dote d’une véritable boussole. Elle couvre l’ensemble des domaines associés aux limites planétaires sur lesquels nous avons un pouvoir d’action.

En quoi votre engagement dans la Convention des Entreprises pour le Climat a-t-il nourri cette stratégie ?

Notre participation à la Convention des Entreprises pour le Climat en 2024 a constitué une démarche complémentaire et structurante. Elle nous a permis, en tant qu’institution, de challenger notre trajectoire pour intégrer plus fortement la dimension régénérative.

C’était aussi l’occasion de nous immerger aux côtés de dirigeants d’entreprises, de partager leurs contraintes et leurs enjeux face aux transformations nécessaires, afin d’affiner notre rôle de grande école, au regard des besoins industriels et économiques du pays.

Le plan met fortement en avant la notion de collectif. Que recouvre-t-elle ?

Nous voulons faire écosystème, en travaillant étroitement avec nos partenaires académiques, économiques et institutionnels. Cela passe par la constitution d’un cercle de partenaires engagés pour mutualiser les expertises et soutenir l’innovation.

Comment cette démarche se traduit-elle sur le campus lui-même ?

Notre lieu de travail est un levier de transformation à part entière. Nous allons organiser une assemblée citoyenne pour réfléchir à l’évolution du campus : ses aménagements, son ouverture, sa rénovation, dans une logique de campus durable et régénératif.

Pour piloter cette dynamique, nous avons structuré une équipe dédiée, avec un réseau de référents, une chargée de mission vie étudiante et le recrutement d’une chargée de transformations responsables.

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