Groupe Lignage vient de voir le jour à Nice. Pour autant, il n’a rien d’un petit nouveau. Spécialiste de l’agencement et de la menuiserie sur-mesure, il rassemble la Maison de la Mousse née en 1979, la Manufacture de la Méditerranée créée en 2019 et la Menuiserie Dalmasso fondée en 1982. Pour le dirigeant du groupe, Julien Bounicaud, il s’agissait de "clarifier la communication globale, pas toujours très simple entre la tapisserie, la menuiserie, l’agencement… Le groupe Lignage permet de mettre du liant, tout en gardant nos trois entités individuelles."
Le premier investissement du fonds
Cette nouvelle organisation fait également suite à l’entrée au capital du groupe, de Connect Pro (Turenne Groupe) via son fonds territorial Boost Côte d’Azur, doté de 10 millions d’euros. Il s’agit du tout premier investissement de celui-ci qui "suit plusieurs autres dossiers".
Julien Bounicaud a fait partie de la première promotion de ce programme d’accélération à la croissance externe, lancée en 2024 par l’UPE06, avec l’IRCE, l’Institut Régional des chefs d’entreprise, et donc Connect Pro qui propose une solution de financement en fonds propres, opérationnelle depuis janvier 2025.
"Dès nos premiers échanges avec Julien Bounicaud, nous avons été convaincus par sa vision du métier, par son positionnement
marché, par la dynamique consolidatrice du secteur sur notre territoire et par le potentiel de croissance", salue Thomas Collet, directeur d’investissement de Boost Côte d’Azur.
Se former à la reprise d’entreprise
"Nous avions déjà acheté deux sociétés, la Maison de la Mousse en 2019 et la Menuiserie Dalmasso en 2023, mais je voulais continuer à me former sur de la reprise, car j’avais déjà dans mes tablettes l’envie d’acheter de plus grandes entreprises. Par ailleurs, je trouve intéressant que l’on sorte un peu de la tech quand on parle de fonds."
Boost Côte d’Azur, qui en est à sa troisième promotion cette année et qui a, depuis, essaimé dans le Var, adresse en effet TPE et PME qui réalisent un chiffre d’affaires entre 1 et 10 millions d’euros et qui veulent changer d’échelle via des acquisitions. De quoi favoriser les reprises d’entreprises et maintenir sur le territoire, savoir-faire et emplois.
Un actionnaire minoritaire
Le fonds reste minoritaire au sein de Groupe Lignage, avec un peu moins de 20 % des parts du groupe. "Je reste très largement propriétaire de ma boîte, c‘était pour moi un prérequis, précise Julien Bounicaud. Ce n’est pas juste un fonds de capital qui vient mettre de l’argent et qui repassera dans 5 ou 6 ans, il y a une vraie démarche d’accompagnement dans la croissance. Nous l’avons intégré au conseil stratégique. Mais je voulais rester maître chez moi."
Une prochaine acquisition avant l’été 2026
D’autant que le dirigeant niçois a identifié plusieurs cibles qu’il peut désormais approcher en ayant "les reins un peu plus solides". Des sociétés situées "dans la région" et pas seulement dans les Alpes-Maritimes. "Je n’ai pas d’œillères. Nous avons aussi des cibles dans le Var, je ne m’interdis rien."
Des sociétés plus grandes ou, au moins, aussi grandes que le groupe Lignage qui permettraient d’apporter "du support et de la structuration. Je n’ai pas de personnel administratif et je n’ai pas envie de recruter aujourd’hui à ces postes. Ce pourrait donc être intéressant. Ma stratégie est de faire de la croissance externe, de trouver des synergies entre mes sociétés pour pouvoir constituer un groupe costaud qui deviendra la référence du secteur en région Sud."
Parmi les cibles, il en est une qui tient la corde – dont il taira le nom — et pourrait aboutir à une signature au cours du "premier semestre 2026", selon le jeune patron qui se projette déjà sur les acquisitions suivantes.