Au cœur du parc naturel de la Sainte-Baume, au bout d’une route départementale dans le Var, se dressent huit bâtiments d’un ancien monastère, dont certains remontent au XIIe siècle, et une verrière, dont la légende raconte qu’elle a été réalisée par les studios Eiffel. Depuis le mois d’août 2021, cet espace devenu un tiers lieu revit grâce à une dizaine de coopérateurs, emmenés par David Rivoire : "J’ai été percuté par ce lieu et j’ai réussi à réunir en très peu de temps 9 familles en coopérative", raconte l’entrepreneur de l’économie sociale et solidaire.
Tous ont apporté 150 000 euros, pour obtenir la confiance des banques et faire en sorte que le lieu leur appartienne. Puis, ce sont des fonds à impact qui ont accepté de suivre cette aventure, que David Rivoire qualifie de "pharaonique" pour le secteur de l’ESS. "Au début de l’été 2024, nous avons bouclé une levée de 2,5 millions d’euros auprès d’investisseurs, de la Banque des Territoires et de France Active, indique ce dernier. De quoi financer la rénovation des espaces pour avoir des infrastructures aux normes, de quoi alimenter aussi le besoin en fonds de roulement."
Village vacances, restauration et accueil d’événements
Les premiers coopérateurs, rejoints par d’autres cet été, et la vingtaine de collaborateurs n’ont pas attendu de lever des fonds pour faire revivre cet espace, qui a réalisé 120 000 euros de chiffre d’affaires la première année, puis 300 000 euros et finalement 800 000 euros cette année. "Notre équilibre se situe à 1,5 million d’euros et nous prévoyons de l’atteindre en 2025-2026", confie David Rivoire. Sur ce tiers lieu bucolique de 13 hectares se côtoient un village vacances avec 60 lits, bientôt 90, de la restauration et des espaces dédiés à l’accueil d’événements, des mariages, des séminaires, des formations.
Un double modèle mêlant associatif et business
"Pour notre troisième saison d’été, quelque chose se passe en termes de notoriété. Nous avons accueilli des mariages presque tous les week-ends, de plus en plus d’entreprises locales nous ont identifiés pour organiser leurs séminaires", détaille Jacques Dehouck, coordinateur des lieux. Voilà, pour le volet réceptif qui constitue l’activité de Montrieux le Hameau.
Les revenus de cette entreprise solidaire d’utilité sociale sont intégralement réinvestis. Dans l’entretien et la rénovation des 13 hectares. Dans une association, "Montrieux pour tous", qui propose du tourisme social, comme des séjours de répit à destination des aidants familiaux. Dans un projet scientifique de ferme expérimentale mené en partenariat avec l’INRAE (l’Institut de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement).
Une résidence secondaire engagée et partagée
Pour poursuivre le travail, l’entreprise s’ouvre à l’épargne citoyenne. "Quatre nouveaux coopérateurs nous ont rejoints cet été. Nous serons peut-être une vingtaine à la fin de l’année, puis une trentaine rapidement", confie David Rivoire. À ces nouveaux coopérateurs, qui permettront de consolider le projet et de le faire décoller, l’entrepreneur propose d’envisager la résidence secondaire de manière partagée : "ici se construit un lieu de coopération en copropriété où chaque "Coocop" peut participer à ce laboratoire du vivre ensemble et séjourner au hameau." Et après ? David Rivoire aimerait bien multiplier le nombre de résidences secondaires à vocation sociale, histoire que Montrieux le Hameau soit le premier d’un réseau de lieux, situés aux portes des grandes villes…