Rairies Montrieux investit cette année 3 millions d’euros dans l’aménagement de nouveaux bureaux, différentes machines de production et un bâtiment pour le travail de la brique crue, dans l'optique de proposer des solutions bas carbone. En 2024, l’entreprise familiale, dont le dirigeant Rémy Montrieux représente la 5e génération, avait investi le double : 6 millions d’euros entre autres pour une plateforme de réception de la terre, un nouveau bâtiment, des fours et différents aménagements. Avec 20 000 mètres carrés couverts sur une emprise de 5 hectares aux Rairies (Maine-et-Loire), l’entreprise de 140 personnes fabrique chaque jour des produits en terre cuite qui partent dans toute la France et à l’étranger.
4 000 couleurs
En 2015, l’entreprise, descendue alors à un peu plus de quatre millions d’euros de chiffre d’affaires, avait déposé le bilan. Dix ans plus tard, elle affiche pourtant une belle santé : les carreaux de terre cuite, qui comptaient pour 80 % de son activité n’en représentent plus que 10 %. Les plaquettes pour habiller les façades d’immeubles constituent maintenant la très grande part de sa production. Chaque jour partent de l’entreprise environ 40 tonnes de produits. "Les carreaux de terre cuite reviennent à la mode également, confie Rémy Montrieux, mais l’activité est toujours fortement portée par les produits pour les façades, entre autres avec les programmes de rénovation énergétiques."
Rairies Montrieux, qui produit 400 000 à 500 000 mètres carrés d’éléments en terre cuite pour les façades chaque année, propose des plaquettes de formes différentes avec une gamme d’environ 4 000 couleurs, et l’entreprise est aujourd’hui le premier fabricant français.
10 % de croissance
En 2000, la PME familiale atteignait 8 millions d’euros de chiffre d’affaires. En 2024, elle a tutoyé les 20 millions d’euros et prévoit de parvenir à 22 millions d’euros cette année, dans un secteur du bâtiment qui peine à redémarrer. "Nous avons toujours une belle activité, affirme Rémy Montrieux. Jusqu’ici nous étions presque en surchauffe avec énormément de commandes et cela s’est rééquilibré." Un important travail de communication, des chantiers significatifs comme la fourniture de 500 000 plaquettes de parement émaillé pour l’habillage des sept immeubles, en Seine-Saint-Denis, qui ont accueilli les athlètes pendant les JO de Paris 2024, une boutique au Carré des Arts, à Paris, ont, entre autres ; accru la visibilité de l’entreprise. "Il n’y a que 35 usines en France pour environ 5 000 salariés dans le secteur de la terre cuite, indique Rémy Montrieux, et il n’y en a qu’une équivalente à la nôtre, installée dans le Nord."
Un travail ciblé à l’export
Et le produit séduit, en France comme à l’étranger : l’export représente 10 % du chiffre d’affaires de l’entreprise, soit un peu plus de 2 millions d’euros. "Dans 10 ans, indique Paul-Vincent Diquero, Diquero, directeur export de Rairies Montrieux, nous prévoyons 30 % du chiffre d’affaires à l’international." Pour cela, l’entreprise a renforcé son équipe export il y a quelques mois, travaille sa visibilité, prospecte et démarche pour trouver des relais dans les différents pays. "Nous nous appuyons sur des distributeurs locaux qui sont des apporteurs d’affaires et nous travaillons pays par pays, ajoute-t-il, en développant à chaque fois une communication propre. Les systèmes constructifs sont différents d’un pays à l’autre et les produits demandés ne sont pas les mêmes."
Transmission
Les produits de Rairies Montrieux prennent le chemin du Royaume-Uni de l’Allemagne et d’autres pays d’Europe, et même du Bénin, avec un chantier décroché suite au passage d’un reportage consacré à l’entreprise sur une chaîne de télévision. La clientèle française n’est pas en reste, avec une augmentation des commandes d’environ 10 % l’an passé. Pour accompagner cette croissance, Rairies Montrieux investit, se renforce et assure la transmission des savoir-faire : "Tout le monde est polyvalent dans l’entreprise, assure Rémy Montrieux, et l’objectif est de faire monter les gens en compétences. Chaque année, nous faisons intervenir un formateur, docteur en matériaux, auprès des collaborateurs de l’usine comme des commerciaux." Selon le dirigeant, la croissance envisagée de l’entreprise ne s’accompagnera pas d’une augmentation proportionnelle de l’effectif, mais elle passera aussi d’une amélioration des process. " Il faudra rester compétitif", prédit celui, qui, à 72 ans, réfléchit à la transmission de l’entreprise. Si 4 cadres sont entrés au capital passant d’une participation de 2 % chacun en 2021 à 4 % en 2024, Rémy Montrieux souhaite néanmoins que l’actionnariat demeure majoritairement familial. "C’est ce qui permettra à l’entreprise de continuer de grandir", affirme-t-il.