Le 14 octobre va débuter la phase de concertation préalable du projet Deos (Développement de l’Éolien Offshore), porté par le Grand Port Maritime de Marseille (GPMM) sur ses terrains à Fos-sur-Mer, dans le périmètre dit du Caban, tout près du terminal minéralier. Le projet, évalué à 550 millions d’euros, prévoit la construction d’une plateforme pouvant s’étendre sur 80 hectares, adossés à un linéaire de quai à forte capacité pouvant atteindre 1 000 mètres. Deos prévoit également une zone de stockage à flot de 40 à 50 hectares, à l’extrémité de la zone Caban. "Ce projet constitue une brique supplémentaire dans la volonté du port d’être un site important dans la transition énergétique de la France", commente Hervé Martel, président du directoire du GPMM. Avant d'ajouter : "La France est sur une trajectoire de décarbonation et nous voulons être le port de référence à l’échelle européenne".
Une ambition européenne
Le projet envisage en effet de répondre, non seulement aux besoins du marché national sur l’ensemble de la façade méditerranéenne, mais également d’une partie des pays limitrophes, de l’Espagne à la Grèce, ne disposant que d’une offre limitée en aménagements portuaires. Les infrastructures du Port ont été calibrées pour construire annuellement environ 50 flotteurs (en ajoutant la capacité du site voisin d’Eiffage Métal) et déployer 25 éoliennes par an, ce qui représente 450 MW de puissance chaque année.
Une mise en service effectuée de A à Z
"Nous voulons proposer l’ensemble des prestations liées à la mise en service d’éoliennes en mer. D’une part, la fabrication de flotteurs, en béton ou en métal. Puis, d’autre part, la réception et l’assemblage des différents éléments de l’éolienne sur le flotteur, et, enfin, sa mise à l’eau et son stockage à flot avant son installation dans le champ d’éoliennes" poursuit Hervé Martel. Il est ensuite facile de remorquer une éolienne jusque dans un champ éolien situé, "dans un rayon d’environ 2 000 km" au sein de la Méditerranée. "En proposant tout cela sur un même espace, nous sommes plus efficaces et cela nous donne un avantage sur les ports du nord de la France, qui ne peuvent, par exemple, pas proposer de telles superficies ", commente Hervé Martel. Le projet prévoit également la maintenance des éoliennes, qui devrait se faire après une dizaine d’années passées en pleine mer.
1 700 empois créés
1 500 emplois seraient créés pour la construction des caissons et 200 emplois pour l’intégration des éoliennes, en mobilisant également l’ensemble des services portuaires maritimes. Bien évidemment la construction de l’éolienne flottante générerait du trafic au port de Marseille, notamment au terminal minéralier tout proche. Un flotteur nécessite 25 000 tonnes de béton et 5 000 tonnes d’acier et le port envisage d’en produire un tous les quinze jours.
550 000 tonnes de trafic en plus sur le port
Au total, un trafic de 500 000 tonnes par an de vrac et 50 000 tonnes d’acier est envisagé. "Les éoliennes que nous envisageons de produire sont des engins de 300 mètres de haut (la taille de la Tour Eiffel, NDLR) et représentent des investissements de 100 à 120 millions d’euros pour le fabricant", précise le président. Le port envisage un début des travaux de l’infrastructure au premier semestre 2026 pour une livraison en 2028.