Le COREPEM (Comité régional des pêches maritimes et des élevages marins des Pays de la Loire) vient de dévoiler les quatre premiers projets financés par la taxe éolienne, un dispositif inédit en France. Issue de la redevance versée par les exploitants d’éoliennes en mer, cette taxe, officiellement appelée contribution des exploitants d’installations d’énergies marines renouvelables, a été instaurée pour compenser les impacts économiques et environnementaux des parcs offshore, comme celui de Saint-Nazaire ou celui des Îles d’Yeu et Noirmoutier. Elle est redistribuée aux collectivités locales impactées par la présence des parcs offshore, mais aussi aux comités régionaux des pêches afin de soutenir des projets en faveur de la formation, de la sécurité et de l’attractivité des métiers de la mer.
Un premier versement de 300 000 euros, un second de 550 000 euros
Après un premier versement de 1,75 million d’euros en 2023, le Corepem a lancé en 2024 un appel à manifestation d’intérêt (AMI) doté de 300 000 euros. Quatre projets ont été retenus : l’École des Formations Maritimes des Pays de la Loire, pour des actions de promotion et de recrutement dans la filière ; le lycée maritime Jacques-Cassard de Nantes, pour équiper ses élèves en protections individuelles ; Sonia Bichet, journaliste maritime, pour sa série vidéo Vingt Mille Lieux sur les Mers ; l’association Au Gré des Vents, à La Turballe, pour moderniser son espace muséal La Pêche Aujourd’hui.
Ces premiers financements concrétisent "près de vingt ans d’implication des pêcheurs ligériens dans l’implantation des parcs éoliens offshore", souligne le comité, qui rappelle que la profession, souvent critique face aux restrictions d’accès aux zones de pêche, "a su se montrer constructive".
Fort de ce succès, le Corepem lance un deuxième AMI doté de 550 000 euros, dédié cette fois à la sécurité et à la prévention des risques à bord des navires. "Si l’on veut rendre les métiers de la mer plus attractifs, il faut aussi les rendre plus sûrs. Nous poursuivons ce travail de défrichage de l’utilisation de la taxe éolienne. Nous sommes la première région à en avoir bénéficié, confie José Jouneau, président du Corepem. Nous avons des professionnels très impliqués, qui voient bien que leur avenir passera aussi par l’utilisation de cette taxe pour améliorer leur quotidien, développer leur filière et faire évoluer leurs pratiques."