Hami Form : Un nouveau souffle industriel pour l'ex-site Saupiquet
# Industrie # Investissement

Hami Form : Un nouveau souffle industriel pour l'ex-site Saupiquet

Le groupe Le Closeau (Hami Form) rachète l'ex-site Saupiquet à Saint-Avé. Ce nouveau venu dans le paysage industriel vannetais lance d'importants travaux.

Les grands travaux se profilent sur l'ex-site Saupiquet de Saint-Avé. Ils dureront un an. Le site a été racheté au coeur de l'été par le groupe Le Closeau. Ses nouveaux propriétaires, les dirigeants d'Hami Form, ont fait affaire avec Bolton. Ce groupe international basé à Milan était le propriétaire de l'usine Saupiquet installée depuis presque cent ans à Saint-Avé. Son arrêt en 2010 s'est avérée un traumatisme pour le pays de Vannes. L'âge d'or des salades de thon en boîtes, spécialité de Saupiquet, était alors bien révolu. Pourtant, le site a compté jusqu'à 350 équivalents temps plein à la grande époque. Lorsque l'actionnaire Bolton a pris la décision d'arrêter les frais à Saint-Avé et de rapatrier une maigre partie des actifs et des effectifs vers son autre site breton de Quimper, l'usine morbihannaise n'employait plus que 85 salariés. Beaucoup d'entre eux avaient la cinquantaine, tout en n'ayant connu que l'agroalimentaire et Saupiquet. Des cas épineux en termes de reclassement pour les pouvoirs publics.




Une négociation qui a duré

Un schéma de reprise du site par un industriel est rapidement évoqué. Le nom des Davalo fuite dans Le Télégramme du 14septembre 2011. Au grand dam des dirigeants qui cultivent une certaine discrétion. «Nous sommes plus connus à Marseille que dans le Morbihan», avoue Laurent Davalo. Avec son frère cadet Philippe, il dirige le Centre d'élevage du Closeau à Ploërmel fondé par leur père Émile. Un site spécialisé dans l'élevage de rongeurs. Avec la marque Hami Form qui fabrique des aliments pour animaux domestiques (du chinchilla au hamster en passant par les lapins ou les oiseaux). «À partir du moment où les Davalo étaient identifiés comme repreneurs, Bolton a eu tendance à faire monter les enchères à la hausse», prétend une source proche du dossier. De fait, la négociation a duré plus longtemps que prévu: l'accord devait initialement être finalisé fin 2011.




Un site à vocation industrielle

Que va faire la famille Davalo de ce site monumentalde sept hectares? Pour l'instant, il servira à stocker «nos produits destinés aux animaleries», confirme l'aîné des Davalo. Hami Form a développé des produits audacieux: foin bio, croquettes dans des emballages aux couleurs "flashy" ou même shampooings pour rongeurs. Reste que l'acquisition d'un site de cette taille, avec toutes ses infrastructures et notamment ses quais de chargement, ne peut se faire que dans une optique industrielle. «Nous sommes des industriels et nous ne sommes pas là pour faire un coup», confirme Laurent Davalo.

Jean-Pierre Rivery, président d'une des entités de Diana à Elven (250 personnes), qui fournit en aliments pour chiens et chats des grandes marques comme Royal Canin (Mars) se réjouit d'une reprise par des industriels locaux : «Il aurait été dommage que le rachat de ce site ne soit que le prétexte à une opération immobilière. Sans faire de bruit, les repreneurs ont su évoluer à l'ombre des grands groupes. Ils sont dynamiques, ont l'esprit d'entreprendre et sont là pour réindustrialiser, pour préserver des emplois localement.»




Le port à sec tombe à l'eau

L'historique de ce dossier est traversé d'enjeux politiques. Les repreneurs ont en effet caressé pendant un moment l'espoir de transformer l'ex-site Saupiquet en port à sec. Un projet qui n'a pas eu le feu vert des services de l'État. Le stockage sur la terre ferme de bateaux de plaisance, nombreux dans le golfe du Morbihan, est un service qui fait pourtant défaut à Vannes. La Ville est confrontée en la matière à la concurrence de plus en plus vive de Lorient ou de LaTrinité-sur-Mer. «Un port à sec est un équipement nécessaire», constate David Robo, maire de Vannes. «Peut-être devra-t-on y réfléchir dans le cadre du schéma de cohérence territoriale de Vannes Agglo.»




Réinventer l'industrie

«Notre projet n'était pas compatible avec le schéma de mise en valeur de la mer», observe Laurent Davalo. L'essoufflement de la filière nautisme étant aussi dû au manque de places dans les ports. «Un gâchis si l'on considère que trois bateaux équivalent à un emploi induit», complète un observateur. Mais pas question de troubler pour l'heure certains équilibres politiques locaux en sud Morbihan. Les plus grands ports de Bretagne s'y trouvent déjà, au Crouesty et à Arzal/La Roche-Bernard.



Hami Form (Centre d'élevage du closeau)



(Ploërmel) Cogérants: Laurent et Philippe Davalo Effectif: 40 salariés Chiffre d'affaires 2011: 5,3millions d'euros Tél.: 02 97 74 01 92.

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