Le niçois Malongo s’infiltre durablement en Vendée avec une nouvelle usine
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Le niçois Malongo s’infiltre durablement en Vendée avec une nouvelle usine

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Depuis 2022, le torréfacteur et distributeur de café Malongo produisait sa machine à dosette grand public dans un local à la Roche-sur-Yon, elle qui était auparavant fabriquée en Chine. Afin de monter en cadence, l’entreprise vient d’emménager dans une nouvelle usine de 3 500 m², moyennant un investissement de 5 millions d’euros, à la périphérie de la ville.

Directrice générale de Malongo, Clémentine Alzial vise un taux de pannes sous les 1 % pour les machines à café — Photo : Benjamin Robert

À l’inverse d’un café, une implantation industrielle n’a rien d’instantané. Pour le torréfacteur niçois Malongo, qui souhaitait relocaliser la production de ses machines à café, l’opération a débuté dès 2022.
Cette année-là, l’entreprise avait pris possession d’un premier local à la Roche-sur-Yon de 680 m², afin de prendre la température d’une possible fabrication "made in France".
Après trois ans d’activités, les signaux semblent positifs puisque Malongo met cette fois-ci le paquet : un investissement de 5 millions d’euros, pour une nouvelle usine de 3 500 m², plus une extension possible de 1 000 m² supplémentaires.

Malongo vient d’emménager dans sa nouvelle usine de 3 500 m² — Photo : Benjamin Robert

"Nous comptons aujourd’hui 25 personnes sur place. Nous allons rapidement monter à 35 personnes avec la fabrication de notre nouvelle machine à partir de ce mois-ci. Baptisée Duo, cette dernière permet de faire au choix un café en dosette ou un café filtre sans avoir besoin de deux cafetières", lance Guillaume Rabourdin, directeur de la Compagnie vendéenne de production (CVP), une filiale dédiée à cette usine vendéenne et détenue à 100 % par Malongo.

Malongo compte se distinguer avec sa nouvelle machine Duo, qui permet de faire au choix un café dosette ou un café filtre — Photo : Benjamin Robert

Un petit Poucet du café

La fabrication des machines à café au sein de cette filiale représente entre 3 et 3,5 millions d’euros de chiffre d’affaires. Certes, une goutte d’eau dans la grande tasse des activités de l’ETI niçoise qui compte au total 400 salariés et 140 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Malgré ces chiffres, l’entreprise fait figure de petit Poucet face à des géants comme Nespresso du suisse Nestlé (CA de 98 Md€), Carte Noire qui appartient au groupe italien Lavazza (CA de 3 Md€), ou encore les Senseo et Tassimo du groupe néerlandais JDE Peet’s (8 Md€). "Nous n’avons pas vocation à devenir une multinationale", rétorque pourtant Jean-Pierre Blanc, directeur général de Malongo, qui se voit surtout comme un spécialiste du café équitable.
Et pour la fabrication des machines, le mantra de la qualité avant la quantité reste de mise. D’ailleurs, au sein de cette nouvelle usine, toutes les machines sont testées avant d’être emballées. Malongo mise ainsi sur un taux de panne sous les 1 %, et un service de SAV pointu. "Moins on a de pannes, plus nous sommes gagnants", ajoute Jean-Pierre Blanc.

Actuellement, 350 machines sont fabriquées chaque jour sur le site de la Roche-sur-Yon — Photo : Benjamin Robert

Un tissu vendéen très riche

L’arrivée du niçois sur la côte Atlantique ne doit rien au hasard. Malongo travaille avec un tissu d’industriels locaux, comme Variance Technologies, qui s’occupe de la coque plastique de la machine, MTO Plastics située à Aizenay, ou encore avec iP3, aux Herbiers, qui fournit les pièces techniques. "Le tissu industriel vendéen est très riche. Nous avions déjà des sous-traitants qui étaient à 50 km à la ronde de la Roche-sur-Yon. Si nous ramenions cette production à Nice, il aurait fallu tout recommencer à zéro", témoigne Clémentine Alzial, directrice générale de Malongo depuis quatre ans.

Elle partage cette fonction de manière atypique avec Jean-Pierre Blanc, aux manettes depuis plus de quarante ans, afin d’assurer une transmission en douceur. "Nous partageons la même culture d’entreprise, et il n’y a pas de calendrier établi concernant son départ", ajoute-t-elle. Le capital de Malongo appartient toujours à 100 % à la famille belgo-niçoise Rombouts, également propriétaire du torréfacteur belge du même nom.

Malongo possède une gamme de 18 coloris pour ses machines — Photo : Benjamin Robert

Des ventes via des partenariats en B to B

L’usine produit actuellement 350 machines par jour, et pourra grimper à maximum 400, soit entre 80 000 et 100 000 machines par an. Des fabrications étiquetées Made in France, avec 70 % de pièces françaises. "Nous étions à 55 % auparavant, mais venons d’intégrer une nouvelle carte électronique française", ajoute Guillaume Rabourdin. Pour être viable avec une fabrication française, Malongo a divisé par deux le nombre d’éléments de sa machine, passés de 140 à 70 pièces. "Cela limite le nombre d’opérations, et rend la fabrication plus facile", précise Jean-Pierre Blanc.

Malongo a noué un partenariat avec Renault afin de produire des machines à l’effigie de la marque automobile — Photo : Benjamin Robert

Une tendance à la relocalisation qui peut séduire les particuliers, mais aussi les entreprises. D’ailleurs, Malongo a noué un partenariat avec le constructeur automobile Renault pour lequel il fabrique des machines personnalisées. "Ces machines sont à vendre sur notre site, mais aussi dans leurs concessions, souligne Guillaume Rabourdin. Cela leur permet un merchandising made in France, qui colle à l’image des véhicules français".

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