La hausse de l’insécurité, simple ressentiment ou réalité tangible ? Une chose est sûre : le sentiment d’insécurité est grandissant en France, et cela pousse certains particuliers à équiper leur habitation de dispositifs de surveillance. Et l’entreprise nantaise IMA Protect, qui vend des solutions d’alarme, compte bien répondre à ses demandes dans les années à venir.
Une marque propre sur un marché prometteur
Fondée en 2000, l’entreprise a exercé durant vingt-deux ans en tant que marque blanche. Ses produits étaient notamment vendus par une quinzaine de distributeurs, comme la Maif, la Matmut ou la Macif. Ces trois acteurs mutualistes sont également les principaux actionnaires du groupe IMA (6 000 salariés, 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires), auquel appartient IMA Protect. Cette dernière revendique la quatrième place des systèmes de télésurveillance, derrière Verisure, EPS (Homiris), et Nexecur. Mais IMA Protect compte bien intégrer le podium dans les années à venir. Elle officie aujourd’hui avec sa propre marque afin d’être mieux connue du grand public. Un moyen de dénicher de nouveaux clients qui semble prometteur. "Environ 40 % de nos nouveaux contrats sont aujourd’hui signés en direct", relate Jean-Pierre Deleplanque, directeur général d’IMA Protect.
Un chiffre d’affaires qui pourrait doubler
Grâce à cette nouvelle stratégie, IMA Protect, qui compte 320 salariés (dont 270 à Nantes et 40 à Beaucouzé), vise 200 embauches d’ici 2030. "Nous espérons également doubler notre chiffre d’affaires qui atteint aujourd’hui 50 millions d’euros, et passer de 115 000 à 250 000 clients", appuie le directeur général. Pour ce faire, l’entreprise mise sur d’intenses campagnes de communication. L’objectif étant de toucher d’autres clients qu’avec ses marques blanches. "Notre cible est large : tous les Français qui ont un besoin de plus de sécurité, que ce soit lié à leur âge, à leur lieu d’habitation, ou encore à la quantité de biens qui méritent une protection", enchaîne Jean-Pierre Deleplanque. Dans les faits, les clients restent plutôt les classes sociales capables d’y consacrer un certain budget, avec un abonnement moyen mensuel de 44 euros. "Ramené à l’année, le budget n’est pas anodin", reconnaît le dirigeant. L’entreprise revendique d’ailleurs travailler en R & D pour toucher un public plus jeune. "Nous développons de nouvelles technologies qui aboutiraient à des offres plus abordables en termes de prix", estime le directeur.
8 % des foyers équipés en France
Au total, IMA Protect dispose d’une vingtaine d’équipements à proposer à ses clients : capteurs dédiés aux portes coulissantes, détecteurs de fumée, caméra, détecteur de mouvement, etc. Une maison équipée comprend en moyenne une dizaine d’objets connectés. "Sur le marché français, environ 8 % des foyers sont équipés. Nous sommes encore loin d’autres pays où cette pratique est culturellement plus ancrée, comme dans le nord de l’Europe ou l’Espagne, où 25 % des habitats sont concernés", expose Jean-Pierre Deleplanque. La marque n’a pour autant pas de velléité à l’export, le marché hexagonal étant en pleine croissance, avec des progressions de 10 % par an… Du moins tant que le sentiment d’insécurité prédomine.