Le groupe angevin de restauration Baudaire engage une procédure de redressement judiciaire
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Le groupe angevin de restauration Baudaire engage une procédure de redressement judiciaire

Entreprise angevine familiale emblématique du secteur de la restauration avec son enseigne-phare La Boucherie, le groupe Baudaire a sollicité l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire auprès du tribunal de commerce. "Un acte de gestion ", indique le groupe, pour faire face à des difficultés liées à la conjoncture et à des dettes contractées lors de l’épisode du Covid-19.

Le groupe Baudaire, qui compte 6 enseignes de restauration dont l’emblématique La Boucherie, a demandé sa mise en redressement judiciaire — Photo : © Jérémy Fiori - Jérémy Fiori

Ce mercredi 24 juin, le groupe angevin de restauration Baudaire a demandé sa mise sous protection auprès du tribunal de commerce, sollicitant l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire. Une démarche qui intervient dans un contexte difficile pour le secteur.

Un secteur malmené

En avril, l’UMIH, l’union des métiers et des industries de l’hôtellerie, révélait une enquête menée auprès d’une partie de ses adhérents, faisant état d’une forte baisse de l’activité dans le secteur de la restauration. Jusqu’à moins 20 %, voire plus pour certains établissements. En cause, la guerre au Moyen-Orient, la perte de pouvoir d’achat dû à la hausse des coûts du carburant et de nombreux produits, ou encore une perte de confiance des consommateurs qui freinent leurs dépenses.

Dans ce secteur malmené, le groupe familial angevin Baudaire, l’un des grands acteurs nationaux en franchise avec ses enseignes de restauration et de bars à bières La Boucherie, Courtepaille, Constant, KDB (Kiosque du Boucher) et Poivre Rouge, enregistre, lui aussi, une baisse d’activité. "Par ailleurs, ajoute le groupe Baudaire, malgré les efforts engagés depuis la sortie de la crise sanitaire, le groupe continue de supporter une charge financière importante liée aux dettes contractées pour traverser la période Covid-19. Le poids de ces engagements, combiné au ralentissement de l’activité, a fragilisé durablement sa situation financière."

Prêts garantis par l’État

Durant la période du Covid-19, le groupe a en effet dû contracter de la dette à travers des PGE, les Prêts garantis par l’État. Les établissements ont été fermés longtemps et, si le soutien apporté pendant la crise aux restaurants représentait environ 20 % du chiffre d’affaires, il ne s’élevait qu’à 4 % pour les restaurants intégrés des entités comme le groupe Baudaire. D’où la nécessité de compléter alors le manque de recettes par des Prêts garantis par l’État. "La baisse d’activité enregistrée dans notre secteur nous empêche de rembourser ces PGE, indique Estelle Monnet, responsable communication du groupe Baudaire. Pourtant, nos chiffres sont bons : le groupe a terminé l’année 2025 avec un Ebitda de plus de 2 millions d’euros, mais ce n’est pas suffisant."

180 restaurants en France

C’est donc le double effet de la dette contractée pour traverser la période du Covid-19 et d’une baisse d’activité générale dans le secteur de la restauration qui ont poussé le groupe Baudaire à demander son placement en redressement judiciaire. Un groupe qui emploie, en incluant les établissements en franchises, environ 2 500 personnes dans 180 restaurants de ses différentes marques pour un chiffre d’affaires global du réseau de 160 millions d’euros en 2025.

Alexandre Baudaire -est le directeur général du groupe familial angevin Baudaire — Photo : ©Damien Grenon - Damien Grenon

"Cette démarche est une décision de responsabilité, explique Alexandre Baudaire, directeur général du groupe Baudaire. Elle doit nous permettre de traverser un contexte exceptionnel qui touche l’ensemble de notre secteur, tout en préservant nos activités et en préparant l’avenir du groupe. Notre priorité est claire : protéger nos enseignes, nos collaborateurs, nos franchisés, nos partenaires et la qualité de service offerte chaque jour à nos clients."

Un outil pour mieux rebondir

En se plaçant sous la protection du tribunal de commerce, l’objectif du groupe Baudaire est de retrouver de l’air en étalant la dette. "Nous le voyons comme un outil, un bouclier pour nous redonner du temps, ajoute Estelle Monnet. Il s’agit de se recentrer et de préparer la suite sur nos bases qui restent saines. La restauration souffre, nous devons réinventer des modèles et nous travaillons déjà sur des nouveautés et des innovations." Une transition déjà entamée pour la marque Courtepaille, dont le groupe angevin a repris 87 établissements en 2023 à la barre du tribunal de commerce de Nanterre (Hauts-de-Seine) et à laquelle il a souhaité redonner un nouvel élan.

Le groupe angevin, qui compte 180 restaurants, a repris en 2023 87 établissements de l’enseigne Courtepaille — Photo : Groupe Baudaire

Basé à Saint-Barthélemy-d’Anjou, le groupe Baudaire, anciennement groupe La Boucherie créé en 1987, salarie directement quelque 600 collaborateurs, dans son siège social, ses restaurants en propre, sa cuisine de Sèvremoine, près de Cholet, qui assure entre autres la préparation de sauces, ou encore son atelier de transformation de viande de Brive-la-Gaillarde, en Corrèze. La procédure demandée par le groupe n’a pas d’impact sur l’exploitation quotidienne des restaurants, qu’ils soient franchisés ou intégrés. Tous les établissements restent ouverts et continuent d’accueillir les clients.

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