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À Angers, Bull inaugure un bâtiment de production, première phase d'un chantier de 80 M€
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À Angers, Bull inaugure un bâtiment de production, première phase d'un chantier de 80 M€

Bull, fabricant de supercalculateurs détenu par l'État, revendique un doublement de sa capacité de production à Angers. Le groupe, qui affiche environ 720 M€ de chiffre d'affaires en 2025 et 3 000 salariés, a inauguré le 2 octobre un bâtiment sur son site historique.

— Photo : Bull

Ce bâtiment constitue la première phase de la reconstruction de l'usine d'Angers (Maine-et-Loire), dont l'achèvement est prévu en 2028. Bull lance à cette occasion « Open Factory », un programme qui ouvre ses capacités industrielles à d'autres entreprises technologiques.

Un chantier de 80 M€ jusqu'en 2028

L'investissement total s'élève à 80 M€. Le nouveau site totalise 20 000 m², dont 10 700 m² consacrés à la production. Bull y annonce une capacité de production doublée, un gain de productivité de 30 % et une baisse de 30 % des coûts de maintenance des bâtiments.

La fin du chantier, un temps visée pour 2027, est désormais fixée à 2028. L'ancien bâtiment de production doit ensuite être remplacé par une zone logistique.

Alter Cités, entreprise publique locale de l'Anjou, assure la reconstruction du site. Selon Bull, le projet bénéficie de 1,2 M€ du Fonds vert, de 213 000 € du Fonds chaleur de l'Ademe et de 1,5 M€ de la Région Pays de la Loire.

Le bâtiment s'équipe aussi de plus de 3 500 panneaux photovoltaïques, répartis sur 7 000 m², pour une puissance maximale de 1 500 kWc. Bull vise en outre l'injection de 5 GWh de chaleur par an dans le réseau de chaleur urbain. Un système de valorisation de la chaleur des équipements doit, à terme, alimenter l'équivalent de 600 foyers.

Un site stratégique pour l'État et Bull

Inaugurée en 1963, l'usine angevine se présente comme la seule d'Europe capable d'assembler des supercalculateurs à grande échelle. Elle emploie environ 250 personnes.

Cette implantation prend une nouvelle dimension depuis le changement d'actionnaire de Bull. L'État en détient la totalité depuis le 31 mars, après l'avoir racheté à Atos pour une valeur d'entreprise pouvant atteindre 404 M€, compléments de prix compris.

Dans le communiqué de Bull, Roland Lescure, ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, justifie ce choix : « Dans un contexte de fragmentation du monde, y compris dans le numérique, il est impératif que la France et l'Europe maîtrisent leurs propres capacités de calcul. »

Cette stratégie s'illustre aussi par le contrat LUMI-AI, remporté fin août par Bull pour un montant de 387,8 M€, le plus important de son histoire. Ce supercalculateur dédié à l'IA doit être déployé en Finlande au second semestre 2027, pour le compte d'EuroHPC. Bull indique qu'il sera produit à Angers.

« Open Factory » et partenariat avec Foxconn

Le programme « Open Factory » vise à accueillir à Angers des entreprises qui veulent industrialiser des technologies d'IA, de calcul avancé ou quantiques. Il s'agit aussi, selon Bull, d'accompagner la relocalisation sur le continent d'infrastructures aujourd'hui fabriquées pour l'essentiel hors d'Europe.

Sa première application est le partenariat avec le taïwanais Foxconn, révélé lors du sommet Choose France. Il prévoit plus de 120 M€ d'investissements en France, très majoritairement à Angers. Selon Bull, les serveurs d'IA reposant sur la plateforme Vera Rubin NVL72 de Nvidia doivent être fabriqués et testés dans un premier temps chez Foxconn, en République tchèque, avant l'assemblage final et la validation à Angers.

D'autres collaborations seront annoncées début 2027, selon l'entreprise.

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