France
Marble boucle une levée de fonds de 6,5 millions d'euros pour automatiser la conformité financière
France # Numérique # Levée de fonds

Marble boucle une levée de fonds de 6,5 millions d'euros pour automatiser la conformité financière

Spécialisée dans la détection de la fraude et la conformité financière, la start-up parisienne Marble a annoncé le 29 septembre 2026 une levée de fonds de 6,5 millions d'euros en Série A.

— Photo : Thales Silva / Pexels

Fondée par Arnaud Schwartz et Pascal Delange, l'entreprise conçoit une plateforme d'infrastructure open source destinée à repérer les opérations frauduleuses et à prévenir le blanchiment d'argent. L'opération, menée par le fonds de capital-investissement européen Smartfin avec la participation du fonds français ADNEXUS, porte à 9 millions d'euros le montant total levé par la société depuis sa création. Les investisseurs historiques Passion Capital et 42Capital ont également pris part à ce tour de table, dont l'objectif est d'accélérer l'automatisation des processus de conformité pour les acteurs financiers.

Une alternative aux systèmes traditionnels

La jeune pousse cible les banques, les fintechs et les prestataires de services de paiement, pour lesquels la lutte contre la fraude et le blanchiment mobilise toujours plus de budget et de ressources humaines, entre 10 % et 15 % des effectifs, selon une étude McKinsey 2024 citée par Marble. L'outil se présente comme une alternative technologique aux systèmes de gestion des risques traditionnels, souvent assortis de contraintes de rigidité. En s'appuyant sur l'open source, l'éditeur permet aux équipes chargées de la conformité et des risques de concevoir, de tester et de déployer elles-mêmes leurs modèles de détection. Cette approche vise à raccourcir les délais d'implémentation qui s'étendent parfois sur plusieurs trimestres au sein des systèmes d'information.

Marble indique que plus d'une centaine d'établissements financiers utilisent désormais sa solution en production. Ayant opté pour un développement international dès son lancement, la société indique que 70 % de sa clientèle se situe hors de France. Par ailleurs, 70 % de ses clients ont choisi Marble en remplacement d'une solution existante. Sur le plan commercial, Marble ambitionne d'atteindre un chiffre d'affaires annuel récurrent (ARR) supérieur à 5 millions d'euros en 2027.

Quatre axes pour automatiser la conformité

Les capitaux issus de cette Série A vont permettre à l'entreprise d'accélérer son développement technologique autour de quatre axes majeurs.

Le premier porte sur l'intégration de l'intelligence artificielle pour automatiser la chaîne de conformité, depuis la création des règles de contrôle jusqu'à l'investigation des dossiers et la vérification des alertes.

Saumitra Dubey, partner chez Smartfin, estime que les entreprises réglementées doivent aujourd'hui renforcer leurs dispositifs de conformité et de lutte contre la fraude avec des ressources constantes : « Toutes les entreprises réglementées doivent aujourd'hui en faire davantage en matière de conformité et de lutte contre la fraude, avec les mêmes ressources. Sans automatisation, l'équation est impossible à résoudre. »

Le deuxième axe concerne le déploiement de la solution directement sur les infrastructures des clients (on-premise). Cette configuration doit permettre à Marble de s'intégrer à leur architecture existante tout en sécurisant les données de conformité. Les institutions peuvent également intégrer leurs propres modèles d'intelligence artificielle ou des modèles hébergés directement sur leurs infrastructures, tout en conservant la maîtrise de leurs données et de leur environnement technologique.

Le troisième axe porte sur l'infrastructure technique de la solution. Le logiciel prend en charge la transformation des données, les contrôles en temps réel et le filtrage de volumes importants de transactions.

Enfin, Marble est conçu pour permettre aux règles, aux workflows et aux paramètres de risque d'être adaptés par simple changement de configuration.

Didier Rossignol, président d'ADNEXUS, souligne que ces capacités pourraient également concerner d'autres professions réglementées : « La capacité à détecter rapidement des transactions ou des ordres de virement anormaux est un enjeu majeur pour les institutions financières et pourrait demain intéresser plus largement d'autres professions réglementées. »

France # Numérique # Levée de fonds