À Obernai, la nouvelle usine de Loadhog tourne déjà à plein régime. Moins d'un an après la pose de la première pierre de son nouveau site de 5 000 m², le fabricant anglais d'emballages réutilisables a démarré la production de ses bacs rigides destinés aux sites logistiques automatisés de ses clients. Ces contenants, utilisés dans les entrepôts d'acteurs comme H&M, Décathlon ou encore Sew Usocome, sont actuellement moulés, à partir de plastique recylé, sur deux presses présentes dans ces nouveaux locaux.
"Nous avons investi 12 millions d’euros à ce jour, et nous finaliserons le projet autour de 13 millions, notamment grâce au rachat d’équipements d’occasion", précise Michel Barda, directeur général de Loadhog SARL. La Région Grand Est a soutenu le projet à hauteur de 200 000 euros.
Des machines Ineos pour réduire les coûts
Pour équiper son atelier, Loadhog a fait un choix stratégique : le rachat d’anciennes presses à injection plastique d’Ineos, auparavant installées sur l’usine Ineos Automotive d’Hambach près de Sarreguemines (Moselle).
"Une presse neuve équivalente coûte autour d’un million d’euros. Nous avons pu racheter celles d'Ineos à environ 700 000 euros l’unité", souligne Michel Barda.
D'ici à six mois, le site alsacien disposera de cinq presses de seconde main opérationnelles. Cette réutilisation d’équipements industriels a permis de réduire sensiblement les coûts tout en accélérant la montée en production.
Une montée en puissance industrielle
Les premières fabrications locales concernent les bacs rigides destinés aux systèmes logistiques automatisés, cœur de marché de Loadhog. Ce sont des contenants en plastique réutilisables, conçus pour les entrepôts automatisés. Standardisés et robustes, ils circulent sur des convoyeurs ou dans des systèmes robotisés, où ils servent au stockage et à la préparation de commandes pour des clients comme H&M ou Décathlon. "Nous produisons actuellement sur un modèle unique pendant quatre mois, avant d’élargir la gamme", indique Michel Barda.
Les équipes fonctionnent en 3X8 sur cinq jours, et l’entreprise envisage de recruter pour couvrir le week-end. Une extension de 3 000 m² du bâtiment vient d’ailleurs d’être actée, qui portera la surface totale du site à 8 000 m² à terme. "Il nous faut pouvoir suivre la demande, et stocker", explique le directeur général.
Des recrutements et un modèle participatif
L’usine d’Obernai emploie aujourd’hui 35 personnes, dont 25 sur site et 10 commerciaux. Trois postes restent à pourvoir, actuellement couverts par des intérimaires. Deux régleurs rejoindront prochainement les effectifs depuis la Tunisie, et un contrôleur qualité viendra du site britannique de Sheffield, où se trouve le siège du groupe. "Ce n’est pas une mince affaire avec le Brexit, mais nous tenons à ce transfert de compétences", souligne le dirigeant. D’ici six mois, le site devrait compter près de 50 salariés.
Fidèle à son modèle d’entreprise détenue par ses employés, Loadhog permet à chaque salarié, une fois sa période d’essai terminée, de devenir actionnaire. "C’est le cœur de notre culture : chaque collaborateur est partie prenante des décisions", rappelle Michel Barda. Des réunions d’actionnaires internes ont lieu toutes les six semaines.
Croissance et marchés européens
En 2024, Loadhog France a réalisé 10 millions d’euros de chiffre d’affaires. Pour 2025, la direction vise 13 à 14 millions, portée par la demande croissante liée à l’automatisation logistique.
La France constitue le premier marché avec 35 % des ventes, à égalité avec l’Europe de l’Est, devant le Benelux et les pays germanophones.
"Notre site alsacien nous permet de réduire les transports et donc l’empreinte carbone de nos clients européens", souligne Michel Barda.
Un ancrage industriel fort en Alsace
Au-delà de la technologie, Loadhog s’appuie sur un tissu industriel local marqué par les restructurations. "Nous avons pu recruter d’anciens salariés de sites fermés comme Corplex à Muhlbach-sur-Bruche et Lutzelhouse (Bas-Rhin), qui possédaient déjà un vrai savoir-faire", indique le dirigeant.
Le site d’Obernai s’impose désormais comme une pierre angulaire du "développement européen du groupe".