Réinventer l’emballage à partir de ressources locales, garantir sa recyclabilité et être en capacité de s’adresser à l’industrie agroalimentaire. Le pari est osé et les enjeux majeurs. Pas de quoi effrayer Christophe Philippe, un ingénieur en matériaux qui a passé de nombreuses années dans l’industrie du packaging en carton ou en plastique. C’est en ce sens qu’il a fondé Atil en 2022. Suivi par la technopole Vipe et hébergé au sein de l’ETI vannetaise Socomore, il a mis au point une offre qu’il revendique comme étant "très différenciante".
"Ma matière première est issue de co-produits agricoles à l’instar du chanvre. Nous transformons la paille de cette plante. Elle est mise en inter-cultures donc c’est un revenu en plus pour l’agriculteur. La volonté était de ne pas être sur des cultures nourricières. En plus, ce chanvre est local." Les approvisionnements de l’entreprise sur l’ensemble des fibres végétales qu’elle utilise se font dans un rayon de 100 km au maximum.
Un positionnement premium
Ce chanvre transformé permet donc à Atil de fabriquer ses emballages. Dans l’entreprise, rien de standard au contraire. "Nous ne faisons que du sur-mesure et ne faisons que des petites ou moyennes séries, de 50 à 5 000 pièces. Notre positionnement est premium : un client, un projet, un design", dévoile Christophe Philippe.
Positionné à 100 % sur le créneau du BtoB, il commercialise ses produits auprès d’acteurs du luxe : cosmétique, vins et spriritueux, épicerie fine, chocolatiers.
Pour ses clients haut de gamme, Atil a développé un prototypage en impression 3D. Cette alternative aux moules en alu permet à l’entreprise de créer un prototype en quelques heures qu’elle peut proposer à son client. Cela lui permet de valider ses solutions pour un coût accessible.
Des produits recyclables
Outre ces engagements, elle a aussi largement misé sur la R & D afin de développer des emballages sans risque face au contact alimentaire. Deux ans de recherches auront été nécessaires afin d’arriver au produit fini.
Atil porte aussi des engagements de recyclabilité. "C’était un engagement majeur. Nos emballages sont 100 % compostables à la maison. Nos solutions entrent dans la filière papier-carton et bénéficient ainsi de l’un des meilleurs taux de recyclabilité, que ce soit en France ou en Europe", avance le dirigeant.
Muscler l'outil de production
Désormais, Christophe Philippe table sur l’augmentation de ses capacités de production. La start-up songe pour cela à s’installer dans d’autres locaux qu’elle espère trouver sur le bassin vannetais. À date, l’entreprise dispose d’une capacité de production de 5 millions d’emballages par an.
Forte de quatre salariés, la start-up est bien sûr portée par la réglementation qui verra l’interdiction du plastique à usage unique d’ici à 2040, mais elle entend surtout apporter une alternative durable et naturelle aux emballages à partir de ressources issus de l'agriculture bretonne. Sa perspective de chiffre d'affaires à 3 ans est de 1,5 M€