En 2020, Gaylord Graveleau reprend Chocodic, une chocolaterie artisanale située près de La Roche-sur-Yon. L’entreprise, alors en difficulté, avait subi les conséquences économiques du premier confinement, tombé juste avant Pâques, période cruciale pour les ventes de chocolat. "J’avais une expérience entrepreneuriale à Angers dans la boulangerie et je cherchais à développer une activité centrée sur le chocolat et le biscuit. Chocodic était l’opportunité idéale, même si le redressement était un défi à relever", explique le dirigeant. Aujourd’hui, après cinq ans d’effort, l’entreprise emploie 18 salariés et a doublé son chiffre d’affaires pour atteindre 2,2 millions d’euros.
Vers une diversification et un agrandissement
Mais Chocodic mitonne déjà la suite. La PME investira entre 500 000 et 700 000 euros d’ici à 2026 dans une extension de 500 mètres carrés, soit une augmentation de 30 % de sa surface actuelle. Cet agrandissement vise à diversifier les activités en renforçant la production de biscuits et en créant l’activité autour de la confiture. "Le chocolat reste notre produit phare, mais la diversification nous permettra de lisser l’activité tout au long de l’année et d’atténuer les fluctuations saisonnières que son Pâques et Noël", précise Gaylord Graveleau.
Une stratégie centrée la vente directe et la créativité
Depuis sa reprise, Chocodic a misé sur l’innovation et la créativité. L’entreprise a intégré la personnalisation des produits et du packaging, internalisé voilà deux ans, ouvrant des perspectives dans le BtoB. "Nous envisageons de créer une activité spécialisée dans le packaging personnalisé pour répondre à un marché de petits volumes, réalisable en un temps record grâce à notre organisation", annonce le dirigeant.
La vente directe, notamment via le web et les associations sportives ou de parents d’élèves, le BtoB avec les entreprises, la boutique adossée au bâtiment de l’entreprise, constituent 90 % des revenus. "Nous travaillons notamment avec 200 écoles et associations, en leur permettant de financer leurs projets grâce à nos chocolats. Cette approche allie qualité artisanale et impact local. Pour nous, cela fait partie de notre feuille de route RSE, car on permet à des associations de trouver des fonds pour mener à bien leurs projets".
Des salariés au capital et une vision collaborative
En février, deux cadres de l’entreprise deviendront actionnaires à hauteur de 5 %. Cette décision reflète la volonté du dirigeant de consolider un "socle managérial fort". "L’actionnariat n’est pas seulement une récompense ; c’est une manière d’impliquer mes équipes dans la vision et les décisions stratégiques de l’entreprise. Cela crée un sentiment d’appartenance fort et cela responsabilise, détaille-t-il. Ce choix est aussi une affaire de rencontres humaines et de partage du management."
Une ouverture à l’international et une odeur de café
Pour la première fois, Chocodic s’exporte loin de la Vendée. En partenariat avec un Meilleur Ouvrier de France, l’entreprise sera présente au prochain Salon du chocolat de Tokyo. Ce projet offre une vitrine prestigieuse et permet à la PME de relever les standards de qualité imposés par le marché japonais. "L’exportation ouvre des opportunités passionnantes. Collaborer avec le Japon est exigeant mais enrichissant. Cela pousse toute l’équipe à se dépasser", se félicite Gaylord Graveleau.
Grâce à une stratégie innovante et des projets structurants, l’entreprise vise une croissance maîtrisée. Avec un potentiel de chiffre d’affaires de 4 millions d’euros d’ici à 5 ans, Gaylord Graveleau rêve de bâtir un groupe à taille humaine, tout en cultivant l’artisanat, l’excellence et l’art de la diversification. En effet, dans les mois qui viennent, une odeur de café devrait embaumer l’entreprise. "Je prépare une croissance externe dans le secteur de la torréfaction, annonce Gaylord Graveleau. J’en dirai bientôt davantage."