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La chocolaterie Bellanger lance la construction au Mans de son futur siège, alliant production et accueil du public
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La chocolaterie Bellanger lance la construction au Mans de son futur siège, alliant production et accueil du public

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La chocolaterie Bellanger va construire un nouveau siège et une nouvelle usine au Mans. Au passage, la PME va lancer une nouvelle ligne de production pour transformer elle-même les fèves de cacao. Et se diversifie aussi dans le tourisme, avec une capacité d’accueil prévue de 300 visiteurs et l’ouverture d’un restaurant. Les dirigeants se lancent dans un investissement de 8 millions d’euros.

Vianney Bellanger a ouvert sa première boutique à Tours en 2013 avant de racheter en 2017 la chocolaterie Bellanger (ex-Béline), véritable institution au Mans tenue par son père — Photo : Maison Bellanger - Jean-Simon Lagoarde

Le 2 février 2026, le premier coup de pelleteuse sera donné dans la zone de Belle-Chasse, au Mans. La chocolaterie Bellanger va y construire un bâtiment d’un nouveau genre, qui réunira l’ensemble de ses métiers ainsi que son siège social. Sur 2 800 m2, l’entreprise veut créer un espace de travail mais également "un lieu qui participe à l’attractivité touristique du territoire". La livraison est attendue au second semestre 2027, avant les fêtes de Noël. Une période qui génère un tiers du chiffre d’affaires annuel en quelques semaines.

Cinquante salariés à l’année

Pour Noël, l’entreprise monte à près de 65 salariés avec les CDD embauchés pour faire face à l’afflux des commandes. Dans l’année, ce sont une cinquantaine de personnes qui travaillent à la production et à la vente des chocolats. Une dizaine de recrutements, à différents postes, sont prévus pour animer le futur lieu.

Un lieu polymorphe

"C’est un projet qui a nécessité six années de travail, car ce sera un lieu unique. La complexité était d’associer différentes réglementations et normes propres à chaque activité. Ce bâtiment va imbriquer commerce, tourisme d’entreprise, restauration, production, administration et logistique", présente le dirigeant, Vianney Bellanger.

Des centaines de visiteurs

L’entreprise se diversifie dans le tourisme d’entreprise. En plus d’un atelier de production deux fois plus grand que l’actuel et d’un centre logistique performant, le futur bâtiment aura une capacité d’accueil de 300 visiteurs et abritera un restaurant d’une centaine de couverts. Il abritera aussi un couloir de visite pour observer les artisans à la production, et un espace pour proposer des formations grand public de dix à douze personnes à la fois. Deux salles de réunion de 50 m2 et 120 m2 seront également proposées. "Et nous aurons une boutique de 150 m2, poursuit le dirigeant. Ce sera la plus importante de l’entreprise." Elle remplacera celle située dans le quartier des universités du Mans. Les trois autres boutiques au Mans, à Laval et à Tours seront conservées. Dans le centre du Mans, l’Instant B, qui propose des pâtisseries et du salé, vient d’être cédé à Renaud Traiteur.

Transformer la fève de cacao

"En 2027, dans le nouveau laboratoire, nous reviendrons aussi à une offre de produits salés (quiches, mini-burgers, etc., NDLR) car nous aimons faire aussi cela", envisage Vianney Bellanger.

Surtout, dans son nouvel écrin, le chocolatier va se lancer dans une nouvelle activité : le traitement des fèves de cacao. "Aujourd’hui, un chocolatier ne maîtrise pas tout. Nous sommes plutôt des cuisiniers du chocolat. Nous nous fournissons auprès de "féviers", des industriels qui transforment la fève en chocolat de couverture. Or, les clients demandent de plus en plus une maîtrise des matières premières, pour garantir la qualité", explique Vianney Bellanger.

Revenir à la source du cacao

Cette nouvelle ligne de production, assez rare, sera un vecteur d’attractivité supplémentaire. Elle donnera aussi la capacité de choisir ses plantations et ses conditions. "Je suis membre de deux associations, qui aident des producteurs du Cameroun et du Togo à vivre de leur métier. Dans trois ans, nous pourrons recevoir les fèves des arbres que nous avons financés par mécénat", explique Vianney Bellanger.

Environ 8 millions d’euros investis au total

L’entrepreneur se lance aujourd’hui dans un investissement de 6,5 millions d’euros. Un montant qui comprend l’achat du terrain, la construction et les frais de dossiers.

Le futur siège social de la chocolaterie Bellanger au Mans abritera, sur 2 800 m2, une boutique, un restaurant, des salles de réunion et de formation, un atelier de production et le pôle logistique — Photo : Maison Bellanger

"En comptant les nouvelles machines, le mobilier, etc. on se situera plutôt à 8 millions d’euros", précise Vianney Bellanger. Qui tient néanmoins à préciser : "Nous ne réalisons pas un investissement industriel amorti en six ou sept ans, là nous nous engageons sur un amortissement sur 25 ans."

Le chef d’entreprise souhaitait développer ses activités, mais a préféré lancer ce nouveau projet multi-activités plutôt que de multiplier de nouvelles implantations. "Je veux conserver la proximité avec le personnel", explique-t-il.

Un travail d’optimisation mis en place

L’entreprise table sur 4,8 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025, avant de recevoir le bilan. Le chef d’entreprise pense pouvoir le relever à 5,5 millions d’euros, une fois son futur site en activité. Mais Vianney Bellanger préfère regarder son résultat net : "Ces deux dernières années, nous avons amélioré les marges, en réduisant la masse salariale, en améliorant notre gestion logistique, en optimisant nos stocks…"

Développer la clientèle professionnelle

Vianney Bellanger pense aussi pouvoir faire venir une clientèle plus large, en partie issue d’autres départements par le caractère touristique du futur site, mais aussi développer la clientèle professionnelle.

"Aujourd’hui, 80 % de notre clientèle est composée de particuliers, qui achètent les trois quarts du temps du vrac pour offrir. Nous avons aussi des clients professionnels, pour 15 % à 20 % de l’activité, pour des cadeaux de fin d’année ou de l’événementiel. En accueillant des séminaires, nous espérons augmenter la part de cette clientèle", détaille le dirigeant.

Un pied dans l’industrie

Vianney Bellanger a ouvert sa première boutique à Tours en 2013 avant de racheter en 2017 la chocolaterie Bellanger (ex-Béline), véritable institution au Mans tenue par son père. La chocolaterie n’a cessé de grandir. Pour réaliser en interne les moules de ses pièces unitaires ou sculptures en chocolat, le chocolatier a même repris Thermoform en 2022. Cette société de six salariés, déménagée depuis de Mayet au Mans, était vouée à la fermeture. Pour se diversifier dans la production de ces moules et cales en plastique, Vianney Bellanger s’est associé à Benoît Boret, spécialiste des process et patron de l’imprimerie angevine Pyramidor.

Un secteur en mouvement

Pour le chimiste de formation tombé dans le chocolat et la gestion d’entreprise "un peu par hasard", l’investissement en cours et sa diversification ne sont qu’une réponse à une réalité économique. "Nos métiers d’artisans évoluent. Tenir une chocolaterie en couple dans son coin devient de plus en plus dur (son épouse Mathilde s’occupe du marketing, du réseau de boutiques, de la formation du personnel, NDLR). Les règles imposées par l’État deviennent ingérables (normes, hygiène, etc.) sans des investissements de plus en plus importants", explique le dirigeant.

Pour répondre, la chocolaterie Bellanger a investi dans des équipements automatisés, des machines, la supply chain et une logistique digitalisée.

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