Le chocolatier vendéen Chocodic croque le torréfacteur choletais Le Caféier
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Le chocolatier vendéen Chocodic croque le torréfacteur choletais Le Caféier

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Le chocolatier vendéen Chocodic et le torréfacteur choletais Le Caféier scellent une alliance stratégique. Objectif : croiser le savoir-faire des deux PME, mutualiser leurs forces commerciales et bâtir un groupe artisanal. En reprenant un peu plus de 30 % du capital du Choletais, Chocodic prévoit de devenir majoritaire d’ici à cinq ans, dans le cadre d’une reprise pensée comme une transmission progressive.

Les équipes de Chocodic et Le Caféier. De gauche à droite : Jean-Michel Galipienso cofondateur du Caféier, Gaylord Graveleau Dirigeant de Chocodic, Fabrice Robin, cofondateur du caféier et Cathy Fonteneau collaboratrice du caféier choletais. — Photo : Chocodic

Le chocolat et le café forment, de l’avis des gourmands, une belle association de saveurs. Pour Gaylord Graveleau, directeur général de Chocodic, c’est désormais une association d’entreprises. Le chocolatier vendéen vient de concrétiser un rapprochement stratégique avec une autre PME, Le Caféier, un torréfacteur choletais historique fondé en 1964. L’opération, officialisée en avril 2025, marque le début d’une association progressive entre les deux maisons, dans une logique de transmission, de complémentarité et de développement partagé.

De 30 à 50 % du capital repris en 5 ans

"C’est une rencontre de valeurs et de visions", résume Gaylord Graveleau, qui a pris la direction générale du Caféier aux côtés des fondateurs Jean-Michel Galipienso et Fabrice Robin, toujours associés, ainsi que Cathy Fonteneau, collaboratrice historique. En reprenant un peu plus de 30 % du capital, Chocodic prévoit de devenir majoritaire d’ici à cinq ans, dans le cadre d’une reprise pensée comme une transmission progressive qui garantira la continuité et la montée en puissance de l’entreprise.

Avec ses 12 salariés et 1,5 million d’euros de chiffre d’affaires, Le Caféier s’appuie sur une expertise reconnue dans le café de spécialité, avec une torréfaction douce, peu portée sur l’amertume, et une sélection rigoureuse de cafés issus de terroirs identifiés. À Cholet, la maison dispose de deux points de vente — aux Halles et en centre-ville — ainsi que d’une activité B2B tournée vers les épiceries fines et la mise à disposition de machines Jura pour les entreprises.

Des univers complémentaires

Pour la PME Chocodic, basé à La Roche-sur-Yon, ce rapprochement offre une double opportunité. D’une part, celle d’élargir son univers produit à une matière complémentaire, le café, avec lequel le chocolat partage notamment une exigence de traçabilité croissante. D’autre part, celle de récupérer un outil industriel opérationnel, qui pourrait, à terme, servir à la torréfaction des fèves de cacao dans une démarche "bean to bar".

"Depuis quelque temps, nous réfléchissions à la fabrication de notre propre couverture de chocolat (plaque de chocolat haut de gamme, utilisé principalement par les professionnels de la pâtisserie, de la chocolaterie ou de la confiserie, N.D.L.R). La torréfaction en est la première étape. Ce savoir-faire, Le Caféier le maîtrise et nous sera sans doute utile très prochainement", explique Gaylord Graveleau. Une passerelle technique autant que stratégique.

Des synergies commerciales immédiates

Chocodic a internalisé un savoir-faire de packaging, ce qui lui permet de personnaliser la demande client et de proposer des petites séries pour ses chocolats — Photo : Choco-dic

Au-delà de la dimension produit, c’est aussi sur le terrain commercial que les synergies s’annoncent les plus rapides. Le Caféier n’était pas présent sur le web ou le marché associatif, deux canaux clés dont Chocodic a une parfaite connaissance. En effet, son site marchand et le segment associatif (ventes solidaires pour les écoles ou clubs sportifs) représentent 50 % de son chiffre d’affaires. "Dès Noël prochain, les produits du Caféier seront intégrés à nos offres associatives", annonce Gaylord Graveleau.

De son côté, Chocodic, qui emploie 18 personnes et réalise environ 2,3 millions d’euros de chiffre d’affaires, entend aussi capitaliser sur des clients communs pour rationaliser son action commerciale, et sur des outils structurés (packaging, communication, e-commerce) pour faire franchir un cap à l’entreprise choletaise.

Une ambition de croissance partagée

À l’horizon 2028, le groupe vise un chiffre d’affaires cumulé de 5 millions d’euros, dont 3 millions pour Chocodic et 2 millions pour Le Caféier. Ce cap passera notamment par l’extension du site vendéen, où Chocodic développe aussi ses propres packagings, et par l’exploration de nouveaux produits croisés. "L’idée n’est pas de devenir un industriel, mais un super artisan bien organisé, avec des produits uniques et une stratégie différenciante", résume Gaylord Graveleau.

Dans un contexte de hausse des matières premières (fèves de café et de cacao) et de restructurations accélérées dans l’agroalimentaire, l’opération revêt aussi un "caractère défensif", estime le dirigeant qui voit dans la mutualisation des moyens et les synergies entre les deux PME la recette du succès.

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