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La maison de cognac Pasquet lève 700 000 euros et continue d’investir
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La maison de cognac Pasquet lève 700 000 euros et continue d’investir

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La maison de cognac charentaise Pasquet vient d’ouvrir son capital au fonds d’investissement Vitirev Terradev, créé par la région Nouvelle-Aquitaine et la Banque des Territoires. Les 700 000 euros levés, adossés à du prêt bancaire, doivent lui permettre de continuer d’investir dans son outil de production et son développement commercial.

La maison de cognac Jean-Luc Pasquet, dirigée par Amy et Jean Pasquet, a bouclé une levée de fonds de 700 000 euros et continue d’investir dans son outil de production — Photo : Pasquet

À contre-courant. Fin septembre, la maison Jean-Luc Pasquet, à Bellevigne, a bouclé une levée de fonds de 700 000 euros, soit l’équivalent de son chiffre d’affaires 2023, auprès du fonds Vitirev Terradev, piloté par la société de gestion de capital parisienne Calao Finance.

Le domaine, dont le père de Jean Pasquet, actuel propriétaire, a hérité en 1970, représente aujourd’hui 15 hectares de vignes. Il est certifié bio (comme moins de 2 % du vignoble cognaçais aujourd’hui) depuis 1998 - année où le cognac traverse une crise majeure - et espère vendre 25 000 bouteilles de son produit star, l’Organic, d’ici deux ans. " Nous avons stocké aujourd’hui l’équivalent de 40 000 à 45 000 bouteilles ", poursuit le propriétaire.

Des investissements qui se poursuivent

Elle doit lui servir, adossé à du prêt bancaire, à investir 500 000 euros 1 million d’euros dans son outil de production. " Nous allons rénover le chai de vinification, ajouter une cuverie en inox thermorégulée et une batterie de cuverie pour la mise en bouteille, en plus d’une mise aux normes liée à la récupération des effluents", détaille Jean Pasquet.

Cette entrée d’investisseurs bancaires, qui doit aussi financer (pour environ 200 000 euros) du stock et du développement commercial, est la deuxième phase de travaux déjà entrepris en 2021 et 2022 (pour environ 800 000 euros), qui avaient notamment déjà rénové une partie des bâtiments d’exploitation.

Le domaine, que Jean pilote avec sa femme Amy, fait actuellement travailler 6 personnes. Ils espèrent mener cette nouvelle série de travaux en 2025 avant de se pencher, en 2026, sur la création d’un bâtiment " vitrine " dédié à l’œnotourisme, pour accueillir des visites ou des séminaires d’entreprises. " On a commencé à développer ça depuis deux ou trois ans, il y a de la demande. Et puis, c’est de l’argent qui rentre tout de suite ".

À l’abri des surtaxes chinoises

Il faut dire que la maison Pasquet ne se sent pas concernée par le problème des surtaxes chinoises. " Nous sommes trop petits pour avoir un impact, on fait partie des marchés de niche ". Quand 97 % du cognac est exporté, en majorité aux États-Unis et en Chine, 35 % du chiffre d’affaires de la maison est réalisé en France, et le reste dans une vingtaine de pays européens.

" Nous souhaitons nous développer sur la France, nos volumes sont adaptés. Le marché russe tient encore. Nous souhaitons aussi investir pour accompagner davantage nos distributeurs actuels. On a reçu cette année notre importateur danois, ça a doublé l’activité ", poursuit Jean Pasquet.

"On a du mal à suivre les tendances"

L’entreprise ne ferme pas non plus la porte à un développement en Asie. Plusieurs pays sont visés à plus long terme : Japon, Corée (assez portée vers le bio), Vietnam et même Taïwan "de façon plus anecdotique sur des vieux cognacs". 10 % du volume vendu par la maison est en effet constitué de vieilles eaux-de-vie, qui ont la capacité de représenter " 30 à 40 % de notre chiffre d’affaires. Ça permet de financer le stock des eaux-de-vie jeunes. Un modèle sert l’autre", termine le chef d’entreprise.

Il a bien conscience d’être "un ovni dans la région, un peu comme mon père l’était. Il a hérité du domaine sans rien connaître au cognac. On a toujours fait un pas de côté : nous avons gardé un petit vignoble quand tout le monde s’agrandissait, on est restés dans la bouteille quand les autres l’abandonnaient au profit du vrac, on a lâché un contrat en 2006 alors que l’économie redémarrait… On a du mal à suivre les tendances, aussi parce qu’on pense pouvoir faire les choses différemment". La différence se cultive visiblement aussi bien que le raisin.

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