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Léa Composites table sur le retour de la croissance du marché de la piscine dans l'Ouest
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Léa Composites table sur le retour de la croissance du marché de la piscine dans l'Ouest

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Après un fort effet yoyo lié au Covid, Léa Composites table sur le retour d'une croissance modérée sur le marché de la piscine. Pour se développer dans l'Ouest, le groupe mise sur sa récent usine de La Gravelle, en Mayenne.

Philippe Pasquier et Nicolas Roman, associés et codirigeants de Léa Composites, devant "l'usine modèle du groupe" à La Gravelle en Mayenne — Photo : Frédéric Gérard

Depuis 2023, le marché français des piscines se replie de 20 %. Dans le Grand Ouest, la météo en 2024 n’aide pas à relancer les ventes. Mais les dirigeants de Léa Composites sont confiants pour continuer à y déployer chez les particuliers leurs piscines en polyester. "En France, environ 50 000 piscines enterrées sont installées par an. Et le taux d’équipements du sud se transfère petit à petit dans le Grand Ouest, c’est l’un des effets du changement climatique. Entre 2015 et 2021, c’est la zone qui a connu le plus fort développement des ventes. Cela s’est tassé, mais elles restent à un niveau supérieur à 2019. Et nous pensons que le marché va croître de 3 à 4 % par an", expose Philippe Pasquier, directeur général du groupe basé à Aubagne (Bouches-du-Rhône).

De 2 000 à 1 000 piscines fabriquées par an

En Mayenne, le site de La Gravelle est chargé de fournir ce marché du quart nord-ouest. Léa Composites y possède son usine "la plus moderne et la plus performante". La capacité de production est de 3 500 piscines par an. Le site fabrique pour les deux marques du groupe, Alliance Piscines et Cocktail Piscine, qui ont obtenu cette année le label "Origine France Garantie". Trente-cinq personnes (sur les 250 salariés permanents du groupe) y travaillent, dont une vingtaine à la production et six chauffeurs. "Lorsque nous avons racheté le site en 2016, quatre personnes dont un chauffeur faisaient 200 piscines par an", rappelle Philippe Pasquier.

Cette année, l’usine mayennaise devrait produire "aux alentours d’un millier de piscines sur les 5 000 qui sortiront de nos sept sites. En 2022, l’usine est montée à plus de 2 000 piscines environ, sur les 8 700 que nous avons fabriquées cette année-là. Malgré cette baisse d’activité, La Gravelle reste notre usine avec la plus grosse production", présente l’associé de Philippe Pasquier Nicolas Roman, fils d’un des fondateurs de l’entreprise et directeur de la production.

Un marché volatil

En 2022, le site a surfé sur "l’explosion de 30 % des commandes" après le Covid. Depuis 2023, l’inflation et le climat ont fait plonger les ventes.

Ici dans l’usine mayennaise de Léa Composites, des moules attendent d’être recouverts. Le fabricant propose une centaine de modèles différents de piscines sous deux marques distinctes — Photo : Frédéric Gérard

Philippe Pasquier rassure : "Nous sommes sur un marché très volatil, nous le savons. Et la fabrication de piscines reste presque artisanale, avec beaucoup d’interventions manuelles. Nous n’avons pas des charges fixes liées à de gros investissements comme dans d’autres secteurs industriels. Quand le marché est moins dynamique, on fait le dos rond. Nous assumons juste un sureffectif, que nous occupons à l’entretien des moules ou la création de nouveaux modèles en hiver, pour être sûr d’avoir suffisamment de main-d’œuvre quand l’activité redémarre avec la saison."

Une usine reconstruite après un incendie

Sur le volet financier, l’usine de La Gravelle fait cependant figure d’exception. "Nous y avons investi 6 millions d’euros, c’est environ deux fois plus que pour une usine habituellement", souligne Philippe Pasquier. "Cet investissement reste dilué dans nos 55 millions d’euros de chiffre d’affaires" ; le chiffre était grimpé à 70 millions d’euros après l’euphorie du marché post-Covid, contre 20 millions d’euros en 2015.

Implanté sur cinq hectares, le bâtiment de 5 500 m2 est "exemplaire, avec des économies d’énergie, une extraction d’air à chaque poste, une température dirigée, des pompes à chaleur monstrueuses…", vante le dirigeant. L’usine a été construite après l’incendie de l’ancien bâtiment acquis en 2016 qui a été ravagé par un incendie en 2020. L’unité a inspiré la modernisation des autres sites du groupe, à hauteur de 2 millions d’euros sur trois ans.

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