Les caprices du marché n’entravent pas les investissements de Léa Composites. Depuis la crise sanitaire, l’ETI basée à Aubagne (Bouches-du-Rhône) est confrontée à un important "effet yoyo" du marché de la piscine. À la sortie du confinement, la demande a explosé de 30 %. Puis, après l’euphorie des années 2020-2022, le marché des piscines enterrées a pris l’eau (-20 % en 2023). "En 2022, nous avons fabriqué 8 700 piscines dans nos sept usines. En 2024, la production se situera aux alentours de 5 000 unités", racontent Philippe Pasquier et Nicolas Roman, associés et dirigeants de Léa Composites, premier fabricant de piscines en coque polyester de France.
Huit millions d’euros investis en France
Pour se tenir prêt au prochain rebond des ventes, qui repartent depuis le mois d’août, et pour améliorer les conditions de travail dans ses ateliers, le groupe aubagnais a injecté deux millions d’euros ces trois dernières années dans ses équipements. Cela concerne ses implantations à Roquefort-la-Bédoule, le site historique entre Aubagne et Cassis (Bouches-du-Rhône), près de Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), à Bellegarde et Saint-Gilles (Gard), à Bitche (Moselle) et à Agen (Lot-et-Garonne), l’un des deux principaux sites de production du groupe.
Une nouvelle usine en Mayenne
Cette série d’investissements a été inspirée par le septième site du groupe, reconstruit après un incendie : "l’usine modèle du groupe", mise en activité en 2022 à La Gravelle en Mayenne. "C’est notre usine la plus moderne et la plus performante. Nous avons investi 6 millions d’euros dans sa construction, c’est environ deux fois plus que pour une usine neuve habituellement", insiste Philippe Pasquier.
Implanté sur cinq hectares, le bâtiment de 5 500 m² est "exemplaire, avec des économies d’énergie, une extraction d’air à chaque poste, une température dirigée, des pompes à chaleur monstrueuses…", vante le dirigeant.
Un vent d’Ouest souffle sur le marché
Le site mayennais est chargé de fournir la nouvelle terre promise des activités commerciales. "Le taux d’équipements du sud se transfère petit à petit dans le Grand Ouest. C’est l’un des effets du changement climatique", affirme Philippe Pasquier. Même si la météo estivale pluvieuse n’y a pas favorisé les ventes en 2024…
Pour la commercialisation, le site s’appuie sur une trentaine d’agences situées du Calvados au Poitou sur les 250 réparties en France. Chacune est dédiée à l’une des deux marques du groupe, Alliance Piscines et Cocktail Piscine. Léa Composites propose une centaine de modèles différents de piscines en polyester au total sous ses deux marques.
Retour de la croissance attendu
En 2021, le chiffre d’affaires était grimpé à 70 millions d’euros, contre 20 millions d’euros en 2015. "Nous réalisons 55 millions d’euros de chiffre d’affaires aujourd’hui. Nous devons nous développer encore", indique Philippe Pasquier, qui emploie 250 salariés.
"Le marché des piscines est volatil mais progresse en tendance de fond en France de3 à 4 % par an"
Si depuis 2023 les commandes "sont retombées au niveau des chiffres de 2018-2019", le dirigeant reste confiant sur le potentiel de son marché : "Pour 20 millions de maisons en France, il existe 1,7 million de piscines enterrées. Le marché des piscines est volatil mais progresse en tendance de fond en France de3 à 4 % par an", voit Philippe Pasquier.
"La demande dépend beaucoup du temps. Dès qu’il fait très beau en avril, nous avons un pic de commandes à livrer en deux mois et devons recourir à des intérimaires. Et ce n’est pas simple de trouver les bons profils dans nos métiers spécifiques de fabrication d’objets composites de gros volume", ajoute Nicolas Roman, fils d’un des fondateurs de l’entreprise et directeur de la production du groupe. Léa Composites privilégie donc une gestion avec un sureffectif en hiver pour s’assurer d’un effectif suffisant à la pleine saison.