Après un passage éclair aux Etats-Unis - dans le cadre du programme d'accélération Food Tech Lab de Business France -, c'est à Berlin que Marc de Gibon, dirigeant-fondateur de la jeune pousse niçoise Cuddl'Up, pose ses bagages. Du moins jusqu'en décembre, le temps imparti au programme de mentorat d'exception « Metro Accelerator for Hospitality by Techstarts » qu'il a rejoint en septembre. Un dispositif d'accompagnement de trois mois porté par le géant du commerce de gros alimentaire, opéré par Techstarts, « le deuxième réseau mondial d'accélération », indique le dirigeant. Pas peu fier d'avoir passé avec succès un « processus de sélection drastique » durant lequel 1.800 foodtechs du monde entier ont été identifiées, 400 sélectionnées et 10 retenues. Parmi elles, quatre françaises, dont Cuddl'Up donc.
À l'épreuve du terrain
Fondée en 2015, Cuddl’up s'adresse aux restaurateurs indépendants et franchisés avec une solution globale mixant mobiliers tactiles connectés (tables ou tablettes), appli mobile et solution logicielle de gestion qui, combinée à un programme d'intelligence artificielle, permet de faire des propositions ciblées selon le profil de l'utilisateur. Résultat : « En personnalisant l'expérience, on travaille sur la satisfaction client et, de fait, sur le chiffre d’affaires généré qui progresse en moyenne de 28% », revendique Marc de Gibon. Pour qui l'accélération de Metro n'est pas « un programme comme les autres » (même s'il en a le déroulé : adaptation au marché et au besoin des clients, commercialisation de la solution et levée de fonds), mais une collaboration poussée avec des équipes dédiées afin « de préparer une phase de test de la solution dans douze établissements français ». Celle-ci débutera en novembre.
100.000 prospects
Car l'objectif de Cuddl'Up est avant tout commercial. « Il s'agit d'être suffisamment bon pendant ces tests afin de nouer des partenariats commerciaux avec Metro pour proposer et distribuer notre solution auprès de ses 100.000 clients BtoB ». Un Graal potentiellement à portée de main puisque la solution, déjà déployée dans quatre restaurants, a géré en 2016 plus de 220.000 couverts.
L'autre objectif de la startup est de lever des fonds "pour être suffisamment armé quand le marché de la restauration sera totalement converti aux offres digitales." Ce qui ne serait tardé, pense-t-il. "Un gap a été franchi, la phase des early adopters est passée". D'où ce besoin estimé entre 500.000 et 2 millions d'euros. De quoi faire grossir la jeune pousse de 8 personnes, qui a réalisé en 2016 un chiffre d'affaires de 180.000 euros, et dont Metro a par ailleurs pris une part (non communiquée) dans le capital.