Instabilité politique : les entreprises sont plus résilientes en Paca que dans le reste de la France
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Instabilité politique : les entreprises sont plus résilientes en Paca que dans le reste de la France

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Réunis à Marseille, les acteurs publics et consulaires régionaux du Club de la conjoncture Paca ont fait le point sur la situation économique au troisième trimestre. Si les entrepreneurs doutent énormément en ces temps d’instabilité politique, les chiffres présentés montrent aussi une économie locale plus résistante et plus résiliente que la moyenne nationale.

Richard Spinosa (France Travail), Yannick Mazette (Chambre de métiers), Daniel Margot (CCI Paca), Claude Rossignol (Chambre d’agriculture), Franck Barbe (Urssaf) et Denis Lauretou (Banque de France) — Photo : Audrey Savournin

À en croire Daniel Margot, président par intérim de la CCI Paca présent à Marseille, ce jeudi 23 octobre, pour le point du Club de la conjoncture Paca sur la situation économique au troisième trimestre, les entrepreneurs doutent énormément : "60 % attendent pour investir, 48 % pour recruter. Et il y a trois raisons principales à cela : l’instabilité politique, l’instabilité politique et l’instabilité politique." Et d’ajouter deux autres raisons, moins prégnantes : l’incertitude quant aux exportations et le coût de l’énergie. Pour autant, les chiffres présentés par les acteurs publics et consulaires régionaux montrent aussi une économie locale plus résistante et plus résiliente que la moyenne nationale.

De l’inquiétude, mais un chiffre d’affaires global en hausse

Certes, 57 % des 2 300 dirigeants régionaux du commerce, de l’industrie et des services interrogés en septembre se déclarent confiants pour leur entreprise contre 60 % au deuxième trimestre. Certes, la confiance en l’économie locale passe de 41 % en juin à 33,2 %, celle en l’économie française et mondiale de 19,4 % à 13,2 %. Et les chiffres seraient inévitablement pires aujourd’hui. Mais le volume cumulé de chiffre d’affaires déclaré par les entreprises régionales sur 12 mois glissants augmente de 5,7 % fin septembre. Alors qu’il ne gagne que 0,9 % au niveau national.

Des défaillances en recul

Les défaillances d’entreprise, quant à elles, reculent de 2,4 % en un an alors qu’elles progressent de 6,5 % en France. Un recul constaté dans tous les départements de Paca, à l’exception des Hautes-Alpes (+ 10 %) qui comptent peu d’entreprises : -5,6 % dans les Alpes-Maritimes, -5 % dans le Vaucluse, -3,1 % dans les Alpes-de-Haute-Provence, -1,2 % dans le Var et -0,8 % dans les Bouches-du-Rhône. "C’est le cas depuis plusieurs mois et c’est assez notable parce qu’il y a peu de régions en France où le nombre de défaillances diminue", souligne Denis Lauretou, directeur régional de la Banque de France.

"Le décalage est assez important", commente-t-il, sans avoir les éléments pour l’expliquer. Il avance pour expliquer cela deux hypothèses : des disparitions d’entreprises plus précoces qu’ailleurs donc déjà constatées et une conjoncture globale plus satisfaisante, notamment grâce au tourisme. Puis il relativise un peu en évoquant les radiations volontaires, "la partie immergée de l’iceberg", qui ont augmenté de 20 % en France au troisième trimestre en un an.

Une dynamique positive de création d’entreprise et d’embauche

Cela dit, "le solde radiation/création d’entreprise reste très positif", selon Franck Barbe, directeur régional de l’Urssaf. "Le nombre de comptes inscrits à l’Urssaf a progressé de 4 %, tiré par les travailleurs indépendants (+ 6,7 %) et les autoentrepreneurs (+ 10 %)." Par ailleurs, "les perspectives ne sont peut-être pas brillantes, reconnaît-il, mais les entreprises continuent à embaucher". Les déclarations d’embauche ont augmenté de 2,9 % sur un an, contre une moyenne nationale de 1 %. Elles sont très concentrées dans le secteur des services (66 % des embauches) et profitent davantage aux moins de 25 ans (+ 4,5 % de CDI).

Un taux de chômage historiquement bas

Autres chiffres encourageants : près de 40 % de demandeurs d’emploi retrouvent du travail dans les six mois, soit 1,6 point de plus que la moyenne nationale et le taux de chômage est de 8 %. "C’est un taux historiquement bas pour la région malgré une hausse de 0,2 % sur un trimestre", estime Richard Spinosa, directeur de la performance de France Travail Paca. Qui met en avant "un gros effort de dialogue et de ciblage des achats de formation pour répondre aux besoins de recrutement des entreprises ".

Des contrats d’apprentissage qui chutent

Point de crispation en revanche, le recul des contrats d’apprentissage (-6,7 %). "Les entreprises attendent plus de stabilité pour embaucher, même des apprentis, elles manquent de vision, insiste Yannick Mazette, président de la Chambre de métiers et de l’artisanat Paca. C’est particulièrement préoccupant pour les transmissions et reprises." Malgré des contrats moins rémunérés et une démographie défavorable, "on a les étudiants potentiels, complète Daniel Margot, mais pas les entreprises à mettre en face. Alors que ces étudiants sont les héritiers de demain."

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