Avec un produit net bancaire (PNB) à 554 millions d’euros en hausse de + 8 % et un résultat net à 126 millions d’euros (+ 8 %), le Crédit Agricole Provence Côte d’Azur (2 824 collaborateurs, 985 000 clients) affiche pour 2024 "des comptes de très bon niveau", selon les mots de sa directrice générale, Catherine Galvez.
La banque régionale a, par ailleurs, consacré 1,2 milliard d’euros au financement de l’économie réelle, dans l’accompagnement des professionnels et entreprises.
Les défaillances se poursuivent
Mais qu’en est-il de 2025 ? "L’environnement reste marqué par beaucoup d’instabilité, des tensions géopolitiques persistantes, des informations peu encourageantes sur la croissance, reprend Catherine Galvez. Il faut être réaliste : notre territoire va être impacté, il va y avoir un ralentissement de certaines activités exportatrices. Nous observons déjà des tensions de trésorerie et une hausse des défaillances d’entreprises, en particulier dans le commerce et la construction."
Aussi exhorte-t-elle les dirigeants à anticiper "le plus en amont possible" et à agir dès les premiers signaux faibles pour mettre en œuvre des solutions avec leur conseiller bancaire.
Investissements en hausse
Néanmoins, le territoire semble particulièrement résilient. Car "malgré ce contexte anxiogène, depuis le début de l’année, nous avons des clients qui investissent de manière plus soutenue que l’année dernière. À fin avril 2025, tous marchés confondus, nous avons globalement accordé 15 % de dossiers en plus."
Comment expliquer un tel paradoxe ? Concernant l’habitat, la pierre peut apparaître comme une valeur refuge. Concernant les entreprises, certains dirigeants savent "que dans ces périodes, il ne faut pas relâcher l’investissement. Il faut se préparer à une sortie de crise et donc investir dans les outils de production, dans la diversification. Si on arrête d’investir, on meurt. Nous avons des chefs d’entreprise qui ont cette conscience-là, c’est très encourageant."
Vers une viticulture plus durable
Catherine Barnel peut en attester dans la viticulture. Présidente du Crédit Agricole PCA, elle est par ailleurs exploitante agricole et viticultrice dans le Var. "Alors que les normes environnementales poussent à changer, on se tourne vers une viticulture plus résiliente, moins utilisatrice de produits phytosanitaires, cela pousse donc à investir dans beaucoup plus de matériel technique pour désherber."
"C’est aussi notre rôle de soutenir l’innovation pour avoir un vignoble plus durable, repend Catherine Galvez. De même sur la diversification des débouchés. A l'export, il n’y a pas que la Chine et les États-Unis. Il faut trouver les opportunités sur chaque territoire."
Des filières stratégiques pour le territoire
Et ce territoire-ci est "en fort développement", rappelle Patrick Beaudon, directeur général adjoint du Crédit Agricole PCA. "Regardez tous les hôtels 5 étoiles qui ont vu le jour à Nice ou encore l’aéroport qui s’agrandit. Ces projets génèrent de l’activité pour les entreprises, de l’emploi. À Toulon, de la même façon, nous accompagnons un bon nombre de projets d’agrandissement."
Le tourisme, comme la viticulture mais aussi la santé, la transition énergétique et l’innovation, font partie des "filières stratégiques que le Crédit Agricole Provence Côte d’Azur considère comme des poumons économiques pour le développement des trois départements" et sur lesquelles la banque entend renforcer, dans son projet stratégique à horizon 2030, son "rôle de façonneur du territoire".