Sur ses 3 territoires que sont les Alpes-Maritimes, le Var et Monaco, la Caisse d’Épargne Côte d’Azur (1 550 collaborateurs) a enregistré une "belle année 2025", selon les mots de Jean-Yves Morin, membre du directoire en charge du pôle Finances & Expertises. Son produit net bancaire (PNB) frôle les 396 millions d’euros (+ 19 % par rapport à 2024) et son résultat net, "historique", s’élève à 111,6 millions d’euros (+ 43 %). Le niveau de fonds propres dépasse quant à lui les 2 milliards d’euros.
Collecter pour investir en local
Voilà pour les chiffres. Mais "ces résultats ne valent que parce qu’ils vont nous permettre d’accompagner le territoire et d’accompagner les projets de vie de nos clients, rappelle Claude Valade, président du directoire de la CECAZ. On est toujours dans cette logique de collecte d’épargne régionale pour financer l’économie régionale, c’est notre code génétique."
En 2025, la banque a investi 50 millions d’euros dans des projets structurants à fort impact, dans les filières clés du territoire.
Vers un nouveau Fonds Tourisme Côte d’Azur
Et elle compte poursuivre ainsi, à commencer par le tourisme et ce, malgré "de nouveau des incertitudes avec de nouveau des conflits, reprend Jean-Yves Morin. Nous restons confiants sur l’activité". Lancé en 2020, avec les CCI maralpine puis varoise et avec la Métropole de Nice, le Fonds Tourisme Côte d’Azur s’est achevé en 2025, finançant dans cette période pour 46 millions d’euros toutes sortes de projets (hôtellerie, loisirs). "Nous réfléchissons à son petit frère, souligne-t-il. Il devrait être sur les rails d’ici la fin 2026."
Autre secteur d’intérêt : la Défense, essentiellement dans le Var avec nombre d’entreprises sous-traitantes ou encore avec Naval Group et la création du centre d’excellence drones que la CECAZ "accompagne".
De Monaco à Milan
La Caisse d’Épargne Côte d’Azur investit aussi pour elle, à l’image de son siège de l’Arénas à Nice, qui subit une profonde rénovation au moins jusqu’à la mi-2027, ou de l’Avant-Garde, son nouveau pôle d’activités près de Toulon.
La banque régionale va aussi chercher de nouveaux relais de croissance à Monaco, où elle vient d’ouvrir le centre de gestion privée Wealth Management (3 collaborateurs), et même jusqu’en Italie, avec un bureau de représentation à Milan. Celui-ci pourrait devenir en 2027, "une filiale à 50-50 avec la Caisse d’Épargne Rhône Alpes, au service de la clientèle corporate de la Lombardie et de toutes les entreprises d’Italie qui ont des relations avec la Côte d’Azur et avec la région Rhône-Alpes", précise Claude Valade.
Se préparer à "la grande transmission"
La CECAZ voit plus loin encore, dans le temps cette fois, avec "ce que nous avons appelé la grande transmission".
Pour le président du directoire, il s’agit de "l’événement financier des quinze-vingt ans qui viennent : d’ici 2040, 9 000 milliards d’euros seront transmis en France. C’est une vague historique qui concerne à la fois les patrimoines privés et les patrimoines professionnels. Il nous faudra accompagner fortement les entreprises, surtout les petites qui ont un peu moins accès à des conseils, des services, des cabinets."
Dans la seule région Sud, 44 % des dirigeants envisageraient une transmission à 5 ans. C’est 4 points de plus que la moyenne nationale. "Pour moi il n’y a rien de plus triste qu’un chef d’entreprise quelle que soit son activité qui, arrivé à 65 ans, arrête faute de repreneur, conclut Claude Valade. C’est un drame, à la fois économique pour le chef d’entreprise qui pensait valoriser son travail mais surtout pour le territoire qui perd de la compétitivité, de la compétence, de la création de richesse et des emplois."