Une année noire. Selon le bilan annuel de "l’immobilier neuf", publié par la Fédération des Promoteurs Immobiliers de France (FPI), 2024 aura été "l’année du désastre". Et pour cause, la baisse des autorisations de logements, "enclenchée en 2020, perdure et s’accélère".
Au total, un peu plus de 330 000 autorisations de logements ont été enregistrées, soit une baisse de plus de 12 % sur un an. Un chiffre qui inclut notamment l’habitat individuel, les logements individuels groupés et le collectif.
Ce niveau s’avère particulièrement bas comparé à la période pré-covid. "Pour mémoire, entre 2015 et 2018, le volume annuel moyen totalisait 458 000 logements autorisés au total […] Et la disparition progressive de l’offre neuve collective ne fait qu’aggraver la pénurie de logements, notamment dans les zones tendues ", souligne la FPI, dont l’enquête se concentre sur la promotion privée.
Baisse de 30 % sur un an, de 50 % sur deux ans…
Autre chiffre marquant, les mises en vente ont chuté de 30 % sur un an et de plus de 50 % comparées à 2022 et 2021. Elles atteignent même un niveau beaucoup plus bas que pendant l’année 2020, en plein cœur de la crise sanitaire.
Fin d’année difficile
Et la fin d’année 2024 n’a pas donné de signes d’amélioration. La mise en vente de logements au dernier trimestre 2024 n’est pas grandiose non plus : moins de 10 000 logements, contre 13 800 environ au dernier trimestre 2023… Et environ 25 000 sur les derniers trimestres 2022 et 2021.
Fait marquant, sur le dernier trimestre 2024 près d’un tiers des programmes commercialisés ont été retirés de la vente (commercialisation suspendue ou arrêtée définitivement).
Une conjoncture qui a évidemment mis à mal la promotion immobilière, comme en témoigne l’augmentation du nombre de défaillances parmi les entreprises du secteur : + 150 % en 2024, selon une étude du cabinet d’Altares.
Un prix du neuf autour de 5 000 euros le mètre carré
Autre conséquence de la situation actuelle : "Contrainte par la réglementation, les normes, la fiscalité, et la rareté des autorisations de construction, une baisse des prix paraît impossible en l’état", indique par ailleurs la FPI. Les prix du neuf se stabilisant autour de 5 000 euros du mètre carré.
"Le gouvernement a enfin pris la mesure de la crise"
La Fédération des Promoteurs Immobiliers voit toutefois "des raisons d’espérer". "Le gouvernement a enfin pris la mesure de la crise et la nécessité d’y répondre. Les mesures de la loi de finances pour 2025 - extension du PTZ (prêt à taux zéro, NDLR) sur l’ensemble du territoire national et exonération temporaire des donations pour l’achat d’un logement collectif neuf - vont dans le bon sens", salue l’organisation professionnelle.
Des mesures encore insuffisantes selon les professionnels
Pas d’euphorie toutefois, d’autres "relais de croissance" restent en effet nécessaires, selon la FPI. Comme des mesures de simplification des procédures, "toujours annoncées mais jamais vraiment engagées". Ou encore un "soutien financier renforcé pour les maires bâtisseurs". Sans mesures complémentaires, "la dynamique positive créée par les dispositions de la loi de finances pour 2025 fera long feu", prévient la fédération des promoteurs immobiliers.