Quelle est la tendance du marché de l’immobilier tertiaire à Nancy en 2025 ?
À Nancy, nous affichons 23 000 mètres carrés de transactions, soit 38 % de moins par rapport à 2024. Globalement, c’est une tendance qu’on retrouve dans toutes les régions de France, sur des villes de taille équivalente. Par exemple, Metz a enregistré une baisse de moins 50 % sur les transactions.
En revanche, nous avons eu la chance d’enregistrer une stabilisation des investissements immobiliers en 2025, après une baisse en 2024.
En 2025, nous avons travaillé sur un dossier de quasiment 15 millions d’euros avec une SCPI, qui a investi dans un immeuble rue Saint-Jean, à quelques pas de la gare, avec des commerces en rez-de-chaussée et des bureaux à l’étage. On a donc moins d’entreprises qui louent ou achètent de l’immobilier tertiaire, mais plus d’achat par des investisseurs en 2025.
"Il y a moins de demande, donc moins de transactions. Et il y a aussi le fait que nous n’avons eu aucune livraison d’offres neuves à Nancy. Donc on ne crée pas de mouvements"
Pourquoi observe-t-on cette baisse des transactions ?
Elle est en lien avec le contexte économique général : il y a moins de demande, donc moins de transactions. Et il y a aussi le fait que nous n’avons eu aucune livraison d’offres neuves dans le centre-ville de Nancy. Donc on ne crée pas de mouvements et on ne peut pas engager de grandes transactions. C’est sur les locaux petits et moyens que se concentre le gros de cette baisse : les entreprises ont reporté leurs échéances, ou alors ont évité de déménager, pour ne pas faire de frais. En 2025, nous avons quand même eu deux belles transactions au-dessus de 3 000 m², ce qui est plutôt bien pour notre marché.
Qu’en est-il de l’offre ?
Entre 2024 et 2025, elle a augmenté de 9 %, pour atteindre les 53 000 mètres carrés. Cette hausse est portée par la vente d’immeubles de seconde main, notamment des grandes surfaces. Cette évolution n’est pas du tout alarmante, compte tenu de la moyenne des transactions en un an sur les 10 dernières années, qui s’élève à 38 000 m². Avoir une offre élevée est nécessaire pour apporter du renouvellement. Concrètement, l’offre a augmenté de 12 % en périphérie, alors qu’elle s’est plutôt stabilisée en centre-ville, où nous manquons beaucoup de nouveaux programmes.
Comment s’explique cette hausse de la seconde main ?
Post-covid, la région parisienne et les grandes métropoles ont connu l’arrivée massive du télétravail et la restitution de mètres carrés. À Nancy, on n’avait pas encore connu ce phénomène. Cela s’explique en partie parce que nous avons moins de problèmes de transport et parce que les loyers sont moins élevés.
Mais on constate qu’avec la crise qui dure, ce phénomène s’est exercé en 2025 à Nancy. Ce qui fait qu’on a récupéré beaucoup de mètres carrés d’un coup. On sent que les entreprises ont cherché à optimiser leur immobilier. En 2026, nous allons probablement continuer de récupérer de nouveaux espaces en seconde main.
En 2026, l’offre pourrait-elle être alimentée par l’arrivée de friches sur le marché ?
En ce moment, nous avons trois friches tertiaires en centre-ville, qui sont les anciens locaux de BNP Paribas, de la Banque de France et d’Orange. Concrètement, sur les trois friches, s’il y en a une seule qui reste en tertiaire, ce sera déjà beaucoup. Ces immeubles ont fait leur temps. Même réhabilités, ils ne correspondraient pas forcément à la demande actuelle du marché : encore une fois, nous avons besoin d’offres neuves.
Des projets d’investissements sont-ils en cours ?
Trois livraisons sont prévues en 2026. Par ailleurs, huit permis de construire ont été obtenus, tous en périphérie de Nancy. Le problème, c’est que ces permis sont soumis à une précommercialisation d’au moins 50 % de leur surface pour pouvoir démarrer. Donc il va falloir une grande demande pour les lancer. Ces projets représentent un potentiel de 20 000 à 30 000 m² pour 2028.
Quel est le type de bureaux recherché par vos clients ?
La majorité de la demande des entreprises s’exprime souvent à proximité de la gare, parfois avec des parkings. Ces sociétés recherchent plutôt des locaux récents, modernes, réhabilités à neuf ou neuf. Nos clients s’orientent de plus en plus vers de l’achat. Aujourd’hui, c’est 55 % du volume qui est placé en vente.
"L’activité a déjà bien redémarré : nous avons eu une fin d’année 2025 et un premier trimestre 2026 vraiment dynamiques, où l’on constate une reprise de confiance de la part des entreprises"
Majoritairement, ce sont des structures qui font un investissement patrimonial pour loger leur entreprise. Quand on dépasse les 1 000 m 2 au moins un client sur deux veut acheter ses locaux. Mais pour que les ventes se fassent, il faut que les banques suivent et que nos clients obtiennent leurs financements : les conditions bancaires se durcissent de plus en plus.
En moyenne, les loyers sont-ils restés stables en 2025 ?
En centre-ville, comme il n’y a pas eu de livraison, on reste au même tarif. En périphérie, on a une légère augmentation d’environ 3 % sur l’offre neuve. Quand de l’offre neuve est livrée, les loyers sont tirés vers le haut. Ce n’est pas le cas à Nancy, sauf un petit peu en périphérie, ce qui a fait évoluer les loyers.
Pour 2026, avez-vous déjà une vue sur l’évolution du marché de l’immobilier des bureaux ?
En 2026, je trouve que l’activité a déjà bien redémarré : nous avons eu une fin d’année et un premier trimestre vraiment dynamiques, où l’on constate une reprise de confiance de la part des entreprises. Sur la réhabilitation particulièrement, l’année s’engage bien. Sur l’offre, il va falloir qu’on arrive à rassurer nos clients pour les amener sur les constructions neuves pour lesquelles les permis de construire ont été obtenus. Il faut que le marché de l’immobilier tertiaire se désengorge, avec de nouveaux projets neufs qui vont créer du mouvement sur le marché.