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Guerre de gouvernance : écartés, les héritiers de l’empire Castel voient rouge
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Guerre de gouvernance : écartés, les héritiers de l’empire Castel voient rouge

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Le 26 juin 2026, Romy et Alain Castel, respectivement fille et neveu du fondateur de l’empire du vin et de la bière éponyme, ont été révoqués de leurs mandats d’administrateurs de la branche historique du groupe, Castel Vins. Le tout se déroule sur fond de guerre larvée de gouvernance avec le directeur général du groupe, Grégory Clerc.

La fortune du groupe Castel s’est fondée sur le vin — Photo : CC BY 2.0

C’est un tournant majeur que vient de connaître la bataille familiale pour conserver l’empire du groupe bordelais Castel (6,5 Md€ de CA annuel, plus de 40 000 salariés), géant de la bière et du vin. Le 26 juin dernier, Romy Castel et Alain Castel, respectivement fille et neveu du patriarche Pierre Castel — âgé de 99 ans et retiré des affaires — ont été officiellement révoqués de leur mandat d’administrateurs de Castel Vins lors d’une assemblée générale au siège du groupe à Blanquefort (Gironde).

Cette entité est l’une des principales filiales du groupe, la base historique de l’empire. Elle regroupe notamment la société Castel Frères, les vignobles et domaines, le négociant Barton & Gueslier ou le caviste Nicolas (221 M€ de CA en 2024, 565 magasins dont 478 en France) et des marques comme Baron de Lestac, Vieux Papes ou La Villageoise.

Guerre de gouvernance

Dans un communiqué conjoint, les deux principaux intéressés contestent la décision et dénoncent "l’entreprise méthodique d’accaparement du Groupe Castel conduite par Grégory Clerc". Le problème de gouvernance entre Romy Castel, Alain Castel — directeur général de la branche vins du groupe depuis 20 ans — et Grégory Clerc dure depuis déjà de nombreux mois.

Grégory Clerc, nommé directeur général du groupe en 2023 par Pierre Castel dont il était l’avocat fiscaliste, cumule de nombreux mandats au sein d’un groupe aux multiples entités, notamment les principaux organes décisionnels que sont IBBM (Investment Beverage Business Management) à Singapour et DF Holding — qui détient 99,9 % de l’activité Castel Vins-, qui pilote les filiales depuis Luxembourg.

En décembre, Alain Castel avait été écarté de ses mandats d’administrateur de DF Holding et de Cassiopée (autre holding structurant le groupe, elle aussi à Singapour). En février, Romy Castel et ses soutiens affirment avoir fait voter à la majorité la révocation de Grégory Clerc de son mandat d’administrateur d’IBBM après une première tentative avortée en janvier. Le camp d’en face conteste, affirmant qu’il n’y a eu "aucun changement du conseil d’administration". Le dossier fait actuellement l’objet d’une procédure judiciaire auprès de la Haute Cour de Singapour qui doit statuer sur la légitimité des votes de février, une décision très attendue par l’héritière du groupe.

Vers une vente du pôle vin ?

La guerre semblait donc partie pour durer… Cette fois, elle atteint le lieu de naissance du groupe, en Gironde, et son activité historique, la branche vins. Selon les deux membres de la famille Castel, cette décision n’est pas seulement une tentative de les écarter et Grégory Clerc aurait une autre idée derrière la tête. "La famille soupçonne Grégory Clerc de vouloir, à terme, vendre ce pôle vin", précisent-ils dans leur communiqué conjoint.

De son côté, DF Holding accuse Alain Castel d’un "refus persistant de collaborer" aux "démarches engagées" pour faire face à la crise profonde du marché du vin qui touche aussi le numéro 3 mondial. Romy Castel, elle, est accusée par DF Holding de "déstabiliser" le groupe par ses sorties médiatiques. Ainsi, son offensive récente (le 22 juin) pour dénoncer le projet de vente de Sosucam (Société sucrière du Cameroun), entité industrielle de la filiale agro-industrielle du groupe (Somdia), figure en bonne place des griefs portés à son encontre.

Le groupe Castel, dont la fortune familiale (patrimoine) a été estimée à 14 milliards d’euros, est par ailleurs toujours sous la menace d’un redressement fiscal de Bercy qui pourrait lui coûter jusqu’à 1 milliard d’euros.

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