Grand favori, mais contesté, Éric Woerth se lance dans la course à la présidence du PMU
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Grand favori, mais contesté, Éric Woerth se lance dans la course à la présidence du PMU

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Les paris sont ouverts, mais le grand favori, c’est bien lui : Éric Woerth a démissionné de son siège de député de l’Oise pour briguer la présidence du PMU. Toutefois, vouloir gérer l’opérateur national pour mettre en œuvre la restructuration imaginée lors de sa mission parlementaire suscite quelques critiques. Les outsiders représentent donc la grosse cote.

Eric Woerth — Photo : DR

Il tient la corde : Éric Woerth a de grandes chances de devenir le nouveau patron du PMU. Afin de pouvoir se présenter à la présidence de l’opérateur de paris hippiques, le député (Ensemble pour la République) de l’Oise a quitté les bancs de l’Assemblée Nationale ; il y est remplacé par sa suppléante Véronique Ludmann depuis le samedi 28 février 2026. Un départ qui pourrait sonner comme un retrait définitif de la vie politique pour l’élu de 70 ans.

D’une mission aux opérations

Le parlementaire, ancien maire de Chantilly et ancien ministre, a été mandaté par le Gouvernement en août 2025 pour définir une restructuration de la filière hippique. L’État veut faire du PMU un GIE commercial et transformer la répartition des volumes de paris qui financent la filière hippique (837 M€ reversés en 2024). Le modèle actuel est jugé de moins en moins pertinent et attractif face aux sites de paris sportifs en ligne. Cette mission fait suite aux alertes émises dans un rapport de l’Inspection Générale des Finances.

Éric Woerth entre désormais en piste pour mettre en application ce "Pacte PMU 2030". En dernière minute, le Premier Ministre Sébastien Lecornu l’avait pourtant prolongé dans sa mission au-delà du 28 février. Le député a préféré démissionner.

Impliqué de trop près dans la réforme ?

Sa candidature à la tête du PMU est ouvertement soutenue par les grands acteurs des courses hippiques, France Galop et le Trot. Mais son implication dans le dossier de réforme de l’institution, en tant qu’élu puis peut-être demain en interne, ne fait pas l’unanimité.

Ainsi, le président de la Société Nationale Hippique, Pierre Bellaiche, a alerté début février la Haute Autorité de la Transparence de la Vie Publique, rapporte la presse hippique, sur un risque de conflit d’intérêts. Dans son courrier, le président de la SNH dénonce "une situation juridiquement condamnable […] mettant en péril le PMU, la filière hippique et la confiance publique".

Des outsiders dans la course

À ce stade, Éric Woerth ne s’est pas mis à la faute. D’autres personnalités, moins médiatiques, sont cependant en course. Par exemple l’ancien dirigeant (Cegelec, Alcatel, Atos Origin…) et ancien président du PMU (2009-2014) Philippe Germond. L’actuel directeur général de La Loterie Romande, filiale suisse du PMU, Jean-Luc Moner-Banet est également cité parmi les candidats. Tous deux ont une expérience de gestion de grandes entreprises, à l’inverse de l’homme politique de l’Oise, font valoir ses détracteurs.

Joël Séché est déchargé

En perte de vitesse, le PMU avait perdu à la fois président et directrice générale en quelques mois, en 2025, des sociétaires ayant refusé de valider les comptes de l’activité 2024 lors de l’assemblée générale de juin dernier.

En décembre, Cyrille Giraudat (ex-directeur marketing, clients et digital de Nexity qui fut directeur marketing, clients et digital du PMU de 2004 à 2014) a été nommé à la direction générale. Le temps d’élire un nouveau président — ou qu’Éric Woerth achève sa mission, le patron mayennais et propriétaire de chevaux Joël Séché assurait l’intérim depuis septembre. Ce dernier, déjà prolongé fin 2025, est arrivé au terme légal des six mois maximum de présidence par intérim.

Un poste d’un bon rapport

Le groupe PMU emploie 1 100 collaborateurs et a enregistré 9,1 milliards d’euros d’enjeux hippiques en 2024, sur l’ensemble de ses activités commerciales. Les émoluments (fixes) du président du PMU dépasseraient les 300 000 euros annuels. Jamais son élection n’a suscité autant de crispations et nécessité autant de temps. Le dernier grand scandale à la tête du PMU remonte à la direction générale de Cyrille Linette, dont les salaires (800 000 euros) avait conduit à son éviction brutale en 2021. Ce dernier vient d’être éjecté du comité d’organisation des Jeux Olympiques d’hiver de 2030, qui auront lieu en France.

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