Le patron mayennais Joël Séché prend la présidence par intérim du PMU pour calmer le jeu
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Le patron mayennais Joël Séché prend la présidence par intérim du PMU pour calmer le jeu

Suite à la démission de Richard Viel, le chef d’entreprise Joël Séché, fondateur du groupe mayennais Séché Environnement, devient président par intérim du PMU. Cette nomination intervient dans un moment de crise pour les paris hippiques, fragilisant la filière équine française.

Joël Séché, fondateur du groupe Séché Environnement, est le nouveau président du PMU — Photo : Emma Laupa

Le PMU est en crise. La masse des paris hippiques, dont il a le monopole en France, régresse d’année en année (-2 % en 2024 et -5 % sur 2025) et les têtes tournent. La directrice générale Emmanuelle Malecaze-Doublet a jeté l’éponge et laissé le siège vide en août 2024, le président, depuis 2022, Richard Viel a démissionné ce lundi 1er septembre 2025.

Un dirigeant prend les rênes

Lundi, dans la foulée, le conseil d’administration a décidé de nommer un président par intérim, en l’occurrence Joël Séché, président fondateur du groupe mayennais Séché Environnement, spécialisé dans la gestion des déchets (7 300 salariés, 1,1 Md€ de CA en 2024) et vice-président de la SETF (Société d’encouragement du trot français). C’est la règle : à 70 ans, le dirigeant mayennais, qui possède sa propre écurie sur ses terres natales, est le plus âgé des douze administrateurs du GIE PMU.

Le Mayennais n’était pas partant

Joël Séché précise avoir donné son accord "pour trois mois" sur les six mois maximum de fonction par intérim possible, tout en expliquant la situation à nos confrères de Paris Turf : "Jamais je n’aurais imaginé en devenir un jour le président. Au tout début, quand cette perspective s’est présentée, je n’étais vraiment pas pour, car mon agenda professionnel est bien rempli jusqu’en mars."

Vendredi dernier, un appel du cabinet de la ministre des comptes publics Amélie de Montchalin l’aurait convaincu de se lancer : "Dans ce contexte d’incertitude sur le plan politique, l’État ne souhaite surtout pas que soit pratiquée la stratégie de la chaise vide au PMU. Je suis quelqu’un de positif, je veux y voir un signe très positif pour la filière", explique Joël Séché.

Mettre en selle une nouvelle équipe

Le chef d’entreprise mayennais précise que son rôle ne sera "pas opérationnel" et qu’il ne sera pas "celui qui engagera de grandes réformes". Sa mission sera de faciliter la mise en place d’une nouvelle gouvernance. À noter que le directeur général, Christophe Curt, initialement recruté aux finances, occupe également son poste par intérim.

Le conseil d’administration se compose de représentants des sociétés hippiques mères (SETF, France Galop) qui portent l’intérêt de 58 sociétés de courses sous statuts associatifs, et de représentants des ministères de l’Agriculture, et de l'’Économie et du gouvernement. Autant dire que l’État a ses responsabilités dans la trajectoire de la société historique de paris hippiques.

L’idée d’un groupement commercial tient la corde

Mi-août, le gouvernement a lancé le plan "PMU 2030" pour dessiner de nouvelles pistes. Le député de l’Oise — département où se trouve le plus grand centre d’entraînement de France, à Chantilly — Éric Woerth a été missionné pour élaborer un plan de transformation du PMU vers un GIE commercial. Le but serait, selon le gouvernement, "d’aligner l’ensemble des parties prenantes autour d’une stratégie de développement de la filière et de garantir un cadre de la contribution du PMU et des charges claires et équitables". Les sociétés SETF et France Galop sont invitées à poursuivre leur travail d’économies sur les coûts de fonctionnement.

Un enjeu pour toute la filière

En France, la filière hippique compte quelque 29 000 emplois directs, en comptant les entraîneurs, les éleveurs, les jockeys et drivers, les vétérinaires, les kinés, les maréchaux-ferrants, centres équestres, etc. Selon les sources, avec les emplois indirects et partiels, les chiffres évoquent entre 40 000 et 60 000 emplois. Or, le financement de l’ensemble de la filière française dépend du chiffre d’affaires du PMU : l’intégralité des bénéfices nets du GIE PMU est reversée aux acteurs de la filière, ce qui a représenté 835 millions d’euros en 2023, 837 millions en 2024.

Le GIE PMU a enregistré 6,6 milliards d'euros de mises et 1,7 milliard d'euros — Photo : Calvados Attractivité

Avec 12 % du marché des jeux, le GIE PMU a enregistré 6,6 milliards d’euros de mises et 1,7 milliard d’euros de produit brut des jeux, soit une baisse de 2 % en 2024.

Les paris sportifs virent en tête

Le point positif en 2024, relève l’Autorité nationale des jeux (ANJ), c’est que le vivier de joueurs du PMU progresse de 6 %, et avec 3,5 millions de parieurs, retrouve son niveau de 2019. La crise sanitaire et le confinement avaient propulsé des concurrents face au PMU, la Française des Jeux mais aussi les paris sportifs en ligne, séduisant les jeunes via leurs portables, et avaient écarté des parieurs des courses de chevaux.

L’an dernier, pour la première fois en France, le pari sportif s’est ainsi positionné en tête des contributeurs au pari brut des jeux (PBJ). Le parti sportif en ligne a progressé de 19 % par rapport à 2023, enregistrant un produit brut des jeux de 1,8 milliard d’euros. Il faut dire que l’année a été particulièrement favorable aux paris sportifs, avec des événements tels que l’Euro de football et les Jeux Olympiques de Paris 2024. Le PMU n’en a pas profité, avec une timide hausse des paris hippiques en ligne de 1 %.

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